DEUXIÈME PARTIE. i3i
de ce que j ai dit en plusieurs endroits; elle serait même une haute absurdité, si Ton n'y joigpoiait comme une identiBeation de la pensée humaine avec la pensée divine. L'historien qui vient après les âges de la foi ne doit point négliger d'en raconter les miracles.
L'incrédulité diront tout en niant tout. On veut choisir dans les témoignages et dans les tradition^; et tous le& témoignages sont infirmés, toutes les tr^ ditions sont ébranlées^^.
Sitôt que la foi des peuples eut abandonné la pytbonisse de Delphes , elle ne put plus que philippiser, selon Texpriession de Démosthèfnes. Une institution qui se perpétue au'-délà de s» mission ne peut plus (f&e faire Al mal. liC sens prophétique et le sentiment patriotique étaient identiques dans cette femme qu'une loi des choses avait placée à- la tète des destinées des nations grecques. La pythonisse, en cessant d'avoir le sens prophétique, devait cesser df a voir le sentiment patriotique.
La sibylle de Samotbrace est une sibylle tfun genre particulier; je crois avoir été, dans cette invention , très fidèle aux lois de l'analogie, lois que j^ai si' soirvent besoin d'invoquer. Cette sibylle est celle* d'un ordre de choses qui finit , et dont le sens pii^jphfét ique tfest plus en sympathie avec les desdnées ^pri cotninràcent. Elle les sent naître, mais^lle
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ne les comprend pas. Jai pensé qu'Orphée étant imprégné <iu sentiment de Tavenir n avait pas b esoin de V inspi ration d'u ne sibylle des temps nou veaux. A cet âge du monde, sans parler même des prophètes hébreux, des hommes sont souvent représentés comme doués de cette faculté , qui parait avoir été plus particulièrement attribuée à des femmes. Le personnage d'Eurydice m'était donné ; je I n'ai pu faire que le rapprocher le plus possible de la nature de la sibylle, sans l'y faire entrer, puisqu'il n'y fut jamais.
Remarquez que Cassandre avait le sentiment de l'avenir; mais comme ce sentiment portait sur des événements de fin, sur des catastrophes de destruction , il ne fut point écouté. Il n'était point cru , parcequ'il s'appliquait à des destinées qui subissaient la mort.
Un Juif, au siège de Jérusalem , joua le rôle de Cassandre.
L'auteur d'une dissertation sur les sibylles , qui aurait de l'indépendance et de l'étendue dans l'esprit, dont l'imagination serait ornée, qui aurait fait les études philologiques nécessaires , et sur-tout qui aurait un grand éloignement pour tout système de pyrrhonisme ou d'incrédulité, un tel auteur aurait à examiner l'analogie profonde et intime de la femme avec cette faculté passive, psychologique-