‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 88 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE. i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. i

Je parle ici calfeme la (jenèse, c'est-à-dire que pour iwj^la créaiion , c est le monde de rbomme. Allons plus avant. ^ ^ ■-

Le nml corp*ise, le bien spiritualise : les nécessités physiques, qui nous serrent de toutes parts sans ifbus absorber, nous représentent assez bien en effet Torigine et lessence du mal.

L'I^mme peut perfectionner son corps, et arriver à le spiritualiser, sil est permis de parler ainsi ; il passera dès cette vie de la sphère des substances à celle des essences. Il ne s'agif'pas de Fhomme actuel. Cet état futur a été annoncé par analogie avec ce:^^ns modes accidentels de nos perceptions; mais il ne nous appartient pas de nous en occuper ici.

TiOrsquè nous nous servons d'uif instrument, c'est que cet instrument est propre à l'usage que nous^en &isons. Lorsque cet instrument se détériore, et qu'il n'a plus les qualités requises, ou il nous refuse son àervice, ou nous le quittons pour en prendre un autre. L'ame aussi se sert des organes <ta corps, tant que^ces organes sont propres à l'usage que nous devons en faire. Lorsque ces organes n'ont plus les qualités nécessaires, l'ame se retire. Nous ne savons pas comment elle se produit dans ce nouvel état, parceque nous ne pouvons nous rendre compte que de sa manifestation actuelle. Nous voici arrivés sur les confins de ces

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doctrines retrouvées dans Macrebe, dans Jamblique, et reproduites à toutes les époqu^^^de crise de Fesprit humain ; nous ne devons pas y {pénétrer plus avanL - ^

Dès que Thomme aurait acquis sur la tare le dé^ veloppement qu'il peut y acquérir, dès que' toutes les réalisations , vues dans la prescience de Dieu , seraient accomplies, alors notre globe serait sans objet, il s'éteindrait. Comment concilier, me dirat-on , cette hypothèse avec les terreurs apocalyptiques qui reposent dans toutes les traditions du genre humain? Ce ne serait pas difficile, si ces traditions étaient bien étudiées. N oublions jamais que Thop^fue fait le destin de la terre. Les peintures apocalyptiques sont donc des menaces , et non des prophéties ; et les prophéties elles-mêmes ne sont vraies qu'à la condition de la liberté de l'homme. Le dogme est notre dernière limite au commencement et à la fin des choses. Continuons.

Dieu n'a pas pu faire, et je demande pardon d'employer une locution qui , à cause de Fimperfection de notre langage, supp<^e des bornes à la puissance infinie de Dieu ; Dieu n'a pas pu faire que la matière ne fût pas impénétrable; Dieu n'a pas pu faire qu'il n'y eût pas des esprits réfractaires. Tous le sont , car tous résistent , tous ont le libre arbitre , tous ont une sphère d'activité dans laquelle

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s exerce le libre ambre. Les substances vénéneuses se transfpfmeat, elles ne sont pas vénéneuses par la nature même de leurs éléments constitutifs , mais par une loi inconnue de leur organisation. Toutes les substances intdlectuelles finiront par être bon* nés , car il est dans la nature de la substance intellectuelle d être bonne ; sans cette croyance , il serait trop facile de retomber dans le manichéisme, dans Terreur déplorable de deux causes premières, rivales.

Les limites de la puissance de Dieu 9 et je suis ^ncore obligé de m excuser d'employer une telle exp^ssion , les limites de la puissance die Dieu sont Tordre établi par Dieu même , la liberté des êtres intelbgents, etc. Mais Tordre amènera le bien et le beau. Il Taménera par la liberté des êtres intelli-r gents , parcequ'une bonne loi ne peut avoir de mauvais résultats, parcequ une loi générale ne peut contrarier les autres lois générales , parceque tout tend à Tbarmonie, qui n est que Tordre dans le sens le plus élevé.

Di^i vit que tout était bien, et j'ai souvent occasion de rappeler ce texte de la Genèse; Dieu vit que tout était bien , c est-à-dire qiie tout était eomme il fallait pour produire le bien, toutes choses, chacune dans sa nature.

Dieu fait entrer dans ses plans à-la-fois les jeux

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des organisations végétales, les instincts des animaux, qui peut-être sont mêlés d'un peu de liberté, qui , dans tous les cas , subissent des modifications par Fempire dominant de Thomme ; enfin le libre arbitre deFhomme , et celui des intelligences pures.

L'ordre matériel est un emblème , un hiéroglyphe du monde spirituel. Les miracles émanent de Tordre spirituel , sont une signification du monde spirituel , un emblème plus positif, un hiéroglyphe plus spirituel.

Pour connaître le but, il faudrait comprendre l'ordre et l'économie des desseins de Dieu.

Un théosophe a dit : « L'homme agit dans le temps et hors du temps; il peut produire, dans le temps, une action qui n'est physique ni dans sa cause ni dans ses effets. >»

Quoi qu'il en soit, l'impénétrabilité de la matière, telle que nous la concevons, les qualités bonnes ou mauvaises qui paraissent lui être inhérentes, et par conséquent nécessaires, présentent une image de ce qu'on est convenu d'appeler la nécessité. Les organes plus rebelles ne sont qu'une nécessité plus forte et plus énergique; il ne s'ensuit pas la nécessité rigoureuse de la détermination. Il faut se reporter à la pensée de l'épreuve, de l'épreuve graduelle et mesurée. Dans la Bible, Dieu se Vepent , Dieu retire ses condamnations. Dans

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