‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 4)Chapitre 24 sur 172 · PREMIERE PARTIE. G · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. G

pas encore ce que Varron nommait les temps obscurs, les temps incertains, et les temps certains?

Selon Vico, trois lan.<]^ues se sont snccédé, celle des dieux, celle des héros, celle des hommes. Expliquons Vico.

Lorsque la langue des dieux se parlait dans le monde, le mutisme était le partage de ceux qui devaient être les héros de Fâge suivant. C'était ce que nous entendrions par l'enveloppement de l'Orient ; c'était l'infini, lieu de toute origine.

La langue des héros à son tour fut exclusive et ésotérique : alors le mutisme était pour les hommes, ou plutôt pour ceux qui devaient être les hommes de l'âge suivant. C'était , si l'on veut , le développement de l'Occident, le fini, lieu où se produit l'évolution.

La langue des hommes est générale et exotérique. C'est l'Orient faisant l'évolution de l'Occident; c'est, si l'on veut, le rapport du fini à l'infini.

Le mutisme, au reste, n'est pas la privation de tout langage; c'est la privation de la parole traditionnelle, de la parole ayant la puissance de produire des effets civils et religieux, de la parole formant un destin.

Remarquons bien qu'un âge contient en puissance l'âge qui le suit immédiatement : ainsi , à Rome, c'est-à-dire dans la Rome primitive, comme

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