‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 100 sur 217 · TOME 1. i · texte numérisé non relu

TOME 1. i

se jeter sur des victimes qu'il puisse déchirer avec quelque innocence; et, s'il doit mourir dans la douleur, il voudrait du moins éviter le dernier crime et le dernier opprobre. Mais, fils d'OEdipe, vous n'éviterez ni le dernier crime, ni le dernier opprobre !

« Par-tout où ils sont , le carnage augmente avec une rapidité effroyable; et par-tout, sur leur passage, lorsqu'ils portent d'un lieu à un autre leurs pas sanglants, ils inspirent tous les deux à leurs soldats je ne sais quoi de furieux et de désespéré que je n'ose nommer courage. On ne veut que tuer, sans s'occuper du soin de sa propre vie : on se bat pour donner ou pour recevoir la mort, et non point pour vaincre. Étéocle, qui n'a su jamais que faire peser un joug de fer sur ses peuples, et qui, plus d'une fois, a fait détester son pouvoir, Etéocle ne peut compter sur l'affection de ses Thébains. La patrie elle-même a cessé de leur être chère: audessus des éloges comme des menaces d'un chef aveuglé par l'ambition et par la colère, ils lui sont fidèles néanmoins. Mais, s'ils courent à un trépas certain , ce n'est point par dévouement pour lui ; c est par un vague sentiment du devoir, par la pensée confuse de la gloire, pensée immortelle dans l'aine des Thébains. Peut-être sont-ils enchaînés aussi par le cruel attrait du danger; peut-être enfin

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