‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 14 sur 217 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

« site inquiète déplaît aux Dieux : ils veulent que « nous respections leurs secrets. Confions-nous seu- « lement à leur justice ; car ils sont justes, même dans « leur sévérité. »

" Sors d'ici , vieillard , me répondit le roi ; va •■ porter ailleurs, et tes sinistres discours, et tes le- « çons insolentes. Si je ne respectais le bandeau d'A- « pollon , et les lauriers de Délos, je te ferais saisir «et jeter, avec ta fille, hors des murs' sacrés de « Thébes. »

« L'assemblée entière était plongée dans la stupeur : je sors de la salle du festin avec Daphné; les députés de Corinthe m'accompagnent.

«< Cependant une calamité horrible, si^ne trop certain de la colère des Dieux, vient fondre sur le royaume de Laïus. Apollon tend son arc contre les malheureux habitants de Thèbes, comme, naguère, contre la famille de l'orgueilleuse Niobé. Le fléau' destructeur n'épargne ni le sexe ni l'âge; la ville est remplie de funérailles. On n'entend par-tout que des cris et des gémissements. On ne rencontre que des convois funèbres ; on ne voit que des sacrifices expiatoires. Œdipe et Jocaste , dans le trouble mortel qui les agite , ne savent à quel Dieu recourir ; ils ont des secrets qu'ils n'osent se confier, et qu'ils voudraient se cacher à eux-mêmes. Le roi ne pouvait banmr de sa mémoire ce vieillard dont il versa le

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