‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 57 sur 217 · TOME I. IO · texte numérisé non relu

TOME I. IO

i46 ANTIGONE.

« ments ; combien je redoute que vous n'ayez cédé à «la colère! Prince, vos menaces auront irrité For- « gueil d'Étéocle. Ah! plutôt, que n'ai-je pu en- « voyer quelque sage vieillard , comme Amphia- « raiis ! il eût employé le langage de la persuasion ; « et le Thébain , sans doute, eût reconnu les droits « de mon gendre. »

«Le droit, c'est le fer, répond Tydée; la justice, « c'est la mort ! »

«Mon fils, dit Adraste, je le sais, les combats « plaisent aux héros ; mais craignons que trop d'ar- « deur pour la guerre ne nous rende injustes et « cruels. Voyez deux coursiers maîtrisés l'un et « l'autre par une main puissante : le cri de la guerre «les réjouit; ils se dressent sur leurs jarrets ner- « veux ; la tête élevée , ils respirent de loin le bruit « de la bataille. Au son de la trompette de Tyr- «rhène, tous leurs sens sont éveillés; ils secouent « leurs crins flottants ; de leur ongle d'airain ils « creusent la terre. Tous les deux ont de la flamme « dans le regard ; le mépris du danger habite leur « forte poitrine, et la terreur sort de leurs naseaux « fumants. L'un a été nourri dans les étables de « l'affreux Diomède, qui fut tué par Hercule; l'autre « a été élevé dans les riches haras d'Argos. Le cour- « sier, accoutumé à l'horrible pâture qui lui fut «donnée par les esclaves d'un tyran, a quelque

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