‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 23 sur 86 · UVRE TROISIÈME. M · texte numérisé non relu

UVRE TROISIÈME. M

rencontres fortuites. Telle n'est point la condition naturelle de rhomme; si quelquefois il est descendu à cet état de dégradation, c'est toujours par la suite d'une catastrophe qui a (ait périr ses institutions primitives. Néan» moins les traditions les plus anciennes, conservées dans les vieux sanctuaires, assi|pient tontes ee commencement aux destinées humaines : c'est qu'en efFet il semble que sans cesse Fhomme serait menacé d'y revenir, s'il ne luttait pas sâfhs cesse, si la tutele "sévère des sacerdoces et des patriciats lui était retirée. De ce que l'homme est obligé de combattre contre lui-même pour ne pas retomber dans la barbarie, de ce qu'il a besoin d'être puissamment aidé pour ne pas succomber dans ces combats de tous les jours, il était facile d'arriver à la pensée qu'il obéit à ses vrais instincts, qu'il est dominé par les souvenirs de son berceau, lorsqu'il oppose une résistance opiniâtre aux enseignements. Il (allait donc Ivi peindre ce berceau comme peu digne de ses r^rets, ces instincts comme devant être réformés. Les initiés savent que les histoires mystagogiques sont des leçons, des emblèmes, des mystères, pour faire mieux

comprendre la loi du progrès k la oonditioD du labeur, loi primordiale et sacrée. Les hlërophantes savent de plus ce que sont les diffiérentes tutéies imposées à l'enfieince de Fhomme social. Mais, Ëvandre, ce n'est point ici le lieu de nous entretenir delà science du bien et du mal, de chercher à surprendre les secrets de cette sagesse qui réside dans les sanc* tuaires.

u Long- temps Orphée et Eurydice avaient erre au sein de contrées désArtes , égarés dans de vastes forêts, domaine antique des bétes féroces, séjour des épouvantes et des fantè« mes de la nuit. Heureusement ils avaient été instruits l'un et l'autre dans cette science profonde qui marque la correspondance des régions du ciel et des régions de la terre, et ils cherchaient le plus souvent leur route bornée et obscure , parmi les éclatantes merveilles de l'espace sans limites. Plus d'une fois, pour rassurer Eui^'dice, Orphée interrogea les sirènes mélodieuses assises à l'extrémité de diaque sphère céleste, d'où elles dirigent avec des har|)es immortelles, selon la mesure, le rhythme et le nombre, le mouvemeat liannonieux de l'univers.

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