‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 24 sur 86 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

« On ignore et la durée de ce voyage aventureux, et ks dangers qu'ils coururent, et les obstacles qu^ils surmontèrent. Enfin ils arrivent sur les rochers qui bordent la mer orageuse de Thrace. Lorsque la tempête brise un navire, quelquefois de hardis matelots se font de leur mât , rompu par Feffort des vagues, une dernière ressource pour sauver leur vie. Cette dernière ressource des naufragés fut le moyen qu'Orphée imagina pour traverser le détroit. Un vieux chêne, que Forage avait déraciné, que la foudre avait creusé et dépouillé de ses branches , devint le grossier et fragile vaisseau où il ne craignit pas de faire asseoir à ses cotés la douce fille de Talaon. Poussés par un vent favorable , ils viennent échouer sur les arides plages de la Samothrace. «Aux hommes épars, qui errent sur la suru face de cette ile, sans demeure et sans loi, il «faut, dit Orphée, un nom collectif qui les «fasse être un peuple^ et qui ensuite les dis- « tingu« des autres peuples , lorsqu'ils seront u réunis par le même lien social, par le même a lien religieux. Qu'ils soient dès à présent «les Pélasges! race puissante et civilisatrice , u dont l'unité forte et typique se transmettra

« bientôt à de» nations nombreuses, toutes M semblables entre elles!» Ce nom de Fâa»ges, roi pasteur, est déjà un nom illustre pour TOUS. Les Pélasges n'ont-ils pas laissé d^îneffaçables empreintes sur le Palatin oà nous sommes à présent? N*ont-ils pas habité FArcadie, votre ancienne demeure? Ainsi Ican brillants essaims dès l'origine semblent se confondre avec l'origine des choses. On dirait qu'ils sont un peuple cosmogonique comme les Titans.

«Orphée voulut commencer sa paisibie conquête par les doux accents de la musique.

Aussitôt donc il prit sa lyre, et se mit à en tirer les accords les plus propres à émoa^oir. Eurydice y joignit les sons de sa Toix ravissante. Elle chantait les bienfiaiits des dieux immortels, Tordre naissant du chaos, Fliar-.

monie des cieux et de la terre , l'homme destiné à sentir et à reproduire cette harmonie^ le charme des affections domestiques, des sympathies sociales. Les Pélasges, rmsMuMés sur une grève tumultueuse , étaient groapês autour d'Orphée et d'Eurydice. Us écoutèrent d'abord avec un éconnement stupide; un instant après ils furent entraînés par la force

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