LIVRE TROISIÈME
magnétique y intime, irrésistible de la musique. Cette puissance inconnue réveillait leurs facultés assoupies, et faisait pénétrer la pensée dans leur ame encore brute. Ils ne pouvaient comprendre les paroles mélodieuses de la vierg[e magnanime, mais ils éprouvaient mille sentiments nouveaux. Un monde entier semblait se dessiner pour eux derrière unnuage. Us croyaient que ces deux créatures merveilleuses étaient des' génies bienfaisants, des êtres d'une nature plus élevée , et ils se prosternaient pour les adorer. Eurydice surtout leur offrait tous les traits d'une divinité compatissante. Je ne sais quel pressentiment • les avertissait qu'ils allaient enfin sortir de cette vie dure et sans avenir, à laquelle ils avaient été condamnés jusqu'alors. Enfin leurs coeurs commençaient à être susceptibles de recevoir toutes les émotions progressives et généreuses. « Je comprends bien à pre- « sent, disait Orphée en lui-même, pourquoi «je n'ai point réussi dans mes premières ten- (( tatives. Sans doute il fallait que je fusse uavec la fille delà vision. L'autorité vient u non seulement du génie , elle vient aussi de u la grâce. La force et le courage ne suffisent