‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 29 sur 86 · LIVRE TROISIÈME. ^l · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. ^l

«maine actuelle ont vu détruire les monuu ments qu'ils avaient élevés pour ^;aler la u durée des siècles ; ils les ont vu détruire avec a autant de facilité que seraient effacés par tf une esclave dilig;ente les faibles réseaux d'un « vil insecte. Les enfants dégénérés vaincronttt ils le destin qui a vaincu leurs pères, géants «si long-temps indomptés? Les dieux m'auvaient donné une double vue; elle devient u confuse , mais elle suffit pour entrevoir des « calamités sans nombre. Pourquoi, malheu- « reux humains, pourquoi donneriez - vous «sans cesse de nouvelles proies à la mort?

u Pourquoi vous donneriez- vous des enfants « qui dégénéreront comme vous avez dégénéré « de vos pères? Pourquoi voudriez-vous enscve- « lir ceux à qui vous devez une cruelle et fragile « existence? Vos demeures, les tombeaux de vos a pères, les travaux de votre intelligence, tout « doit subir le même sort. La destruction est le « grand dieu de ce monde, où la vie n'est proie duite que par la mort. N'ayez aucun avenir, u Traînez, comme vous pourrez, votre miséa rable vie, jusqu'au moment où un trépas n non prévu viendra vous saisir. Du moins, u vous n'aurez pas les vains tourments de Tin-

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il quiétude qui attend d'inévitables douleurs. u Voyez tout ce qu'a fait rhomme pour dëstt armer d'inflexibles divinités! Ce n'est pas « assez de sacrifices d'animaux innocents , il a M voulu supplier par son propre sang^ , par le a sang de ses enfants! Et peut-être encore « a*t-il été trop économe de ces sacrifices bar- «bares! et peut-^tre la rançon a-t-elle été i< trouvée trop chétivel Les fléaux sous lesquels M vous avez été broyés ne sont-ils pas en effet « un signe de colère? Toutefois je ne suis point «prétresse, mes mains sont pures; elles res- «teront pures! Je le sais, de nouvelles destia nées commencent , et je ne puis y lire. Jnupiter, le jeune destin, vient de naitre dans <( la Crète. Saturne, l'ancien destin, le vieillard « qui se nourrit de ses propres enfants, vient « d'être détrôné dans le ciel; Je le sais, mais je f<ne puis prédire; et les terreurs continuent « d'habiter mon sein. Tu veux abolir les sa- « cri fiées de victimes humaines! Je t'admire, « poète divin , mais où trouveras-tu une autre « rançon, puisque celle^^i n'a pas même été «jugée suffisante? Croîs-moi, tu ne fiûs que u bâter la fin de cette race éphémère que tu « crois secourir! Oui, tu dois la secourir puis-

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