‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 30 sur 86 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

tt que la la livres sans défense à l'ennemi «implacable qui veut sa mort. Lorsqu'elle « n'existera plus , elle ne souffrira plus. Sans tt douter ce n'est point là ce que tu croyais. u Orphée, tu voudras aller en Crète visiter le tt berceau du jeune Jupiter; ce qui ailleurs « est la science mystérieuse, en Crète est la a science vulgaire: n'est-ce point une science tt méprisable celle qui est ainsi abandonnée à tt tous? Le jeune Jupiter, tu l'espères, sera un u dieu plus clément. Je ne veux pas te retenir. tf L'avenir t'est promis. Quant à moi, mon ré* u çne est fini. D'autres sibylles, en sympathie M avec les cycles nouveaux, vont s'emparer des tt croyances humaines , et gouverner les peutt pies par de» superstitions moins sinistres que tt les miennes. Une d'elles, la Phémonoé dé « Riéti , vient d'établir son prophétique tré" M pied dans le Latium, d'où elle gouvernera tt les peuples auxoniens. Une autre erre déjà tt sur les bords de lacs symboliques, qui furent tt autrefois des bouches de volcans, contrée où u la nature couvre d'anciens ravages par d'ada mirables beautés ; iorsquVlle aura choisi un u lien, elle sera connue dans tout l'univers a sous le nom de sibylle de Cumes. Une autre

u va s'emparer de Delphes , s^ur consacre à

u Apollon, et qui deviendra la ville sacrée

« d'un peuple tout poétique. Une autre encore,

u sous le nom de sibylle d'Érytrée , portera

Ci par-tout la puissance du trépied fatidique.

tt Elles le croient ainsi, elles croient entendre

tt les voix du nouvel avenir. Heureuses si elles

tt ne se trompent point, heureuses de pouvoir

tt être les amies des hommes! Je les aimais

tt aussi, moi qui vais mourir l Oui, je vais

a mourir, ainsi que mes compagnes du vieux

tt monde. Tu seras à peine hors de cette grotte,

«que tout sera fini, pour moi, infortunée!

tt Telle est la loi de notre nature prophétique,

tt consacrée par la plus inviolable virginité,

« de périr sitôt que le sentiment de l'avenir

tt cesse d'habiter en nous. C'est là le souffle de

tt notre vie : notre ame s'éteint lorsqu'elle est

tt dans les ténèbres de la vision pour les cko-

tt ses futures. Ma mort sera ignorée, nul ne me

« pleurera; je n'ai point de famille, je suis

tt seule sur la terre. Cependant quelques Pé-

tt lasges indomptés, restes malheureux qui

tt échapperont à tes lois harmonieuses , vieo-

tt dront encore ici quand ils ne me verront

tt plus parmi eux; ils viendront consulter IV

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