TOME y
toutes OU à expliquer ou à justifier ma cooi* position.
LesPhéaciensetnon les Gyclopes ont fait, les premiers , des enceintes défensives. On aurait donc dû nommer constructions phéaciennes ces monuments que Ton a coutume de désigner sous le nom de murs cyclopéens.
L'importance de Tîle de Samothrace tient sans doute à ce que cette ile portait Tempreintedes derniers bouleversements du globe.
La cause , la substance , l'idée : telle est au fond la tritbéie de Samothrace , d'après Scbelling. De plus , le lien magique par lequel sont unies les divinités dé Samothrace , devenues des idoles populaires, ou changées en amulettes , fait comprendre cette dégénération superstitieuse qu'on a appelée fétichisme.
Il y aurait un chapitre à faire sur les lies sacrées , et un autre sur les montagnes sacrées; les montagnes sont aussi des îles. Platon remarque cette expression monter à la ville comme un monument de la tradition du déluge. Elle est aussi dans la Bible.
T^s hommes qui faisaient partie de la cité étaient les hommes des hauts lieux; les colons qui cultivaient la campagne étaient les
hommes des bas lieux. Souvenons-nous que la différence des lieux est un emblème de la différence des destinées.
Anna Pérenna est un personnage palingénésique méconnu par Virgile.
Sous Saturne, Picus, Faunus et Latinus, raison de la cosmogonie rofaiaine. Énée , raison de la mythologie romaine. Romulus, raison de la cité romaine.
La fable de Faunus et celle de Protée sont analogues.
D'après Festus , le nom mystique de Rome fut Romula^ et le nom sacré de l'Italie fut Barbaria.
Un fragment d'un poète, désigné comme antérieur à Homère , donne le jugement de Paris comme un emblème cosmogonique.
Platon dit que les lois de l'Egypte étaient des poèmes de la déesse Isis.
Maxime de Tyr dit que Jupiter avait donné à Minos ses lois en vers.
Suidas dit que les lois données par Dracon aux Athéniens étaient en vers.
Tacite dit que les histoires primitives des Germains étaient en vers.
La nymphe Garmente, c'est«à-dire la muse
latine primitive, racontait en vers les orig^ines héroïques du Latium. La porte carmentaie était près du Ca pi tôle.
Les lois royales de Rome étaient en vers.
Les Scandinaves attachaient aux vers une puissance magique. Un héros croit succomber sous cette sorte de maléfice. Ce sont des vers qui commandent une bataille. La loi des xii Tables punit du feu les coupables de maléfices par les vers , les incantations.
Diodore de Sicile et Ovide s'accordent en ceci, que le rég;ne de Jupiter commença le gouvernement domestique et patriarcal; ce fut le premier rudiment du gouvernement civil, fondé, en effet, sur la famille certaine. J'ai parlé plus haut du régne de Bacchus , <|ui devait succéder h celui de Jupiter.
Origène dit que Bacchus est Tame, dans le mythe de Sabazius : s'il est vrai que le cœur soit Pâme civile, du moins c'est ainsi dans le vieux latin, on conçoit pourquoi les Titans voulurent arracher le cœur à Bacchus : ici les Titans sont les patriciens voulant que les plébéiens restent h jamais privés de l'ame civile.
. J'aurais trop de choses à dire sur l'analogie
des cérémonies nuptiales avec les croyances relatives à la cosmogonie; sur le mariage, considéré y chez les anciens , à Tégal d'une initiation.
Jupiter TéléiOs et Junou Téiéia présidèrent aux noces. Or Télos signifie initiation, mystère.
Le mariage reposant sur une tradition cosmogonique est un souvenir égaré de la Bible , comme on en trouve par-tout.
Le mariage fat, de plus, une prérogative de la propriété : voilà pourquoi le plébéien universel, Ulysse, marche à la conquête d'un lit nuptial formé de l'olivier franc dont les racines sont restées profondément enfouies dans le sol.
L'idée du mariage étant identique avec celle d'une véritable initiation, il résulta que les profanes durent être exclus du mariage. Les profanes étaient ceux qui habitaient la ville 9Skn& faire partie de la cité; ceux qui participaient à la religion , et restaient en dehors de la Tes sacra; ceux qui pouvaient aixar, et ne pouvaient pas posséder : les profanes étaient donc les plébéiens.
E>e là noces justes et noces injustes. Pour
bien comprendre l'acception des mots justes et injustes, il faut remonter à celle de justice, juris staJdOy limitation du droit; et le mot jus signifie en même temps droit et force, si même, à son origine , il ne signifie pas force seulement. Les noces injustes finirent par obtenir des effets civils.
De là VortuSj cW-à-dire la naissance, qui était le partage des seuls patriciens; et ce mot or^us est la racine de plusieurs mots importants. On comprend que l'histoire des mots serait toute une histoire des choses.
Les plébéiens étaient sans ortus ^ c'est-àdire sans naissance. Par la même raison , ils n'avaient point de nom, si ce n'est le nom chacun de son patron ; point de tombeau , si ce n'est le tombeau commun de la famille du ' patron. '
J'aurais beaucoup de choses aussi à dire sur la propriété aux confins rélestes, et sur la propriété aux confins terrestres; mais, dans! le prochain volume, nous aurons à nous en- j quérir de ce que fut le Pomoerium , de ce que furent les champs ou les territoires nonamés effata.
Cette différence dans les deux propriétés y
ce qui fait l'essence de Tune et de Fautre, tient a ce qu'il y a de plus profond dans un ordre de choses très profond , et dont il est impossible de s'occuper en passant.
Tout ce que je puis dire en te moment, c'est que la propriété est une sorte d'assimilation de la terre à l'homme, une extension du moi; et que le droit de propriété , en remontant h l'origine première , repose sur le défrichement primitif.
Ainsi le prix actuel de la propriété trans*missibl^ , le prix même du fermage , ne sont autre chose que la transformation de la valeur conquise sur la terre par le défrichement.' Le mot auctor, le ixkotauctoritasy qui en est émané, achèveront plus tard de nous instruire sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, car tout est lié dans le monde civil ancien.
C'est par cette raison que je ne sais quel roi d'Egypte fut dit avoir achevé le monde.
C'est par cette raison encore qu'OEmund , roi Scandinave, dans le sixième siècle, est connu sous le nom de roi défricheur.
Joignez à cette idée de la propriété, telle que nous venons de l'apercevoir, celle de faire que le ciel et la terre soient une iniage l'un de
l'autre, et vous aurez le pressentiment de cette harmonie sévère et inconnue qui fait Famé des sociétés antiques.
Quant au droit de la conquête , on sait qull se substitue à tous les droits.
J^aurais également à m'ezpliquer sur les tombeaux, qui étaient disposés de manière à représenter aussi lé ciel et la terre; sur les Tilles primitives , qdi étaient de véritables hîérog^lyphea de l'ordre le plus élevé; sur les sexes, qui exprimaient divers états d'initiation sociale : toutes ces doctrines se développeront successivement par la suite.
Quelques mots cependant nous y prépareront, sans beaucoup nous retarder.
Les tombeaux étfxisques et les tombeaux arcadiens étaient formés d'une petite colline et d'une chambre souterraine. Un tombeau était comme une borne placée sur les limites de deux mondes.
Ne dirait-on pas qu'une seule pensée préside à la formation de la ruclie? Les cités primitives ressemblent, sous ce rapport, aune ruche : tout y est prescrit fatalement. Je ne crains pas d'employer cette expression , parcequ'elle fait mieux sentir l'analog^ie de la pen-
sée qui fait la ruche avec la pensée qui fait la ville : celle qui faisait la ville était une pensée cosmo^onique.
Ne pourrait-on pas conjecturer que les anciens palladium furent les châsses où étaient conservés les os du fondateur? Je ne serais pas en peine de trouver des faits à l'appui de «cettetconjecture.
Dans le mélange des peuples , soit par migration, soit par les conquêtes, il est une chose tout-à-feit primitive à considérer. Cette philosophie, qui a été supposée antérieure à la poésie, avMt admis des piincipes mâles et des principes femelles, c'est-à-dire des principes actifs et des principes passifs, pour causes premières des diverses org;anisations sociales : plus nous avancerons dans nos investigations, moins une hypothèse si extraordinaire nous paraîtra hasardée.
Les peuples-femmes sans doute furent des peuples-hostès, des peuples avec le principe passif , et privés du principe actif. Les Amazones se nourrissaient de tortue, du vîctufcedoy dont Orphée, d'après Horace, détourna les hommes. Nous verrons, en effet, dans le volume suivant, qu'Amazone signifie, àla lettre.
privé du pain. Les peuples que Sésostris soumettait k son empire étant déchus du principe actif, il les marquait du signe du principe
passif.
Nous avons déjà remarqué que la distinction ou la séparation des sexes était une loi générale dont la raison est toute cosmogonique. Ajoutons ici que , dans un langage théosophique, Thomme, c'est Texistence; la femme, c'est la conscience du moi. Ajoutons encore qu'Orphée est dit avoir donné une théogonie où , pour la première fois , les dienx fîi* rent distingués par les sexes.
La pensée m'était venue de construire dans Orphée, à l'occasion de la Thrace, une législation cyclopéenne; je m'en suis abstenu, parceque je me propose de la construire bis* toriquement, lorsque je m'occuperai de la loi des XII Tables, dernier monument de cette sorte de législation, enveloppée du mythe.
D^ailleurs je ne pouvais ni limiter ni particnlariser le caractère indéfini et général que j'avais adopté pour la Thrace. Il eût fallu expliquer les degrés divers d'initiation sociale des Thyades, deHMimallones, des Bassarides; et ce n'était point à moi d'entrer dans de tels dé*
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tails , de résoudre de tels problèmes, qui np* partiennent à la muse de l'histoire.
D'un autre côté, même dans l'hypothèse de ma composition, la Thrace n'était pas une contrée assez primitive, assez enfoncée dans les ténèbres du monde naissant, pour que j'eusse pu y placer l'action d'un combat cos* mogonique, comme est, dans le Mahabarat, celui des Soors et des Asoors, pour la conquête de l'amréeta , breuvag^e de l'immortalité ; comme est, dans Hésiode, celui des Titans.
C'était bien assez empiéter sur la chronolo^e idéale, que de peindre en ce moment une jMremière guerre de l'humanité.
J'ai placé dans le neuvième livre d'Orphée, sous la forme d'ua poëme runîque, les lois^ morès destinées à être un jour le premier fondement de cette même loi des xii Tables.
Sur ceci j'ai encore à me justifier ; et cette nouvelle justification, comme celle que j'ai donnée au sujet de Vola, sera fond^ sur l'identité de tout ce qui tient aux origines.
M. Pictet a prouvé l'antiquité du culte des Cabires chez les Irlandais. L'analogie de ce culte, dans l'ancienne Ériu, avec celui de Samothrace, frappait les écrivains du siècle qui
a précédé le christianisme. La cosmogonie illustrée par la savante discussion de M. Pictet est analog;ue aux cosniog^onies indiennes, et a pour dernière limite, pour horizon incommensurable, Tabsolu , cW-à-dire l'infini , c'està-dire encore les imposantes, les silencieuses, les créatrices ténèbres de "l'Orient.
Quant aux runes, on dit qu'on en trouve dans la Tartarie comme en Danemarck, en Norwége et en Suède. On sait que les runes ont participé de la puissance magique ou divine attribuée à la poésie primitive de tous les peuples. Elles étaient de plusieurs sortes, et avaient diverses propriétés : il y avait les runes amères, les runes secourables, les runes victorieuses, les runes médicinales.
Les mala camdna punis de mort par la loi des XII Tables étaient des rwies amères, des maléfices.
Les mots charmes et enchantements sont, dans notre ancienne langue française , les derniers témoins de cette antique superstition.
Nous avons vu plus haut de quelle contrée sont sortis les Scandinaves. Je ne veux pas laisser échapper une remarque. Quelques unes de leurs plus anciennes poésies sont des ëlë-
gies sur une patrie primitive, qui avait un beau ciel et de beaux fruits. Un de leurs proverbes exprime des regrets sur la figue. Il ne faut pas trop mépriser cette petite induction , et l'on sait combien les Athéniens furent jaloux des %ues que produisait l'Attique.
Voici une autre analogie.
Les fées du Nord ne sont'-elles pas une transformation des péris de TOrient? J'aurais donc pu peindre Eurydice consultant raii>re des fées, comme Jeanne d'Arc fut accusée de l'avoir fait durant sa rêveuse et innocente en* fance.
M. Lévéque , dans les notes de sa traduction de Thucydide, troisième excursion, sur l'origine septentrionale des Grecs, fait un paraître détaillé du cfaamanisme avec la religion primitive des Grecs et des Latins.
M. Georgi , de l'Académie des Sciences de Saint - Pétersbourg , dans une description détaillée de tous les peuples qui habitent l'empire de Russie, a fait, sur les mœurs et la religion de ces peuples , un résumé dont M. lévéque s'est servi pour son introduction à THisleire de la Russie. <