‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 32 sur 86 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

a crée, rinitié eU tenu de tuer Pinitialcar; u sans cela , l'initiation reste incomplète. Gmel u emblème! c'est la mort qui produit la vie.

« Toutefois , avant de te retirer, sache en* tt core une Téritë, la seule qui m'apparaisse à Cl mon heure suprême. Eurydice ne pourra sa* u Tourer les grains de la pomme de grenade a que lorsqu'elle sera parvenue dans les somtt bres régions du Tartare. Les êtres comme tt elle, comme toi, comme j'étais, ne doivent tt point connaître chez les vivants le mystère « de la transmission des âmes. Gomment iatt voquerais-tu le génie impérissable de la fitt mille, l'auteur auguste de la race, le lare que tt tu ne peux nommer? Adieu ; garde le souve tt nir de la sibylle de l'ancien monde, qui ne tt fut point un être malfaisant, n

« Le silence le plus profond suivit des paroles si extraordinaires. Orphée interrogea en* core plusieurs fois , et huile voix ne répondit. U joua encore de la lyre, et tout resta naœt autour de lui. 11 entendit seulement on l^er bruit, comme est sans doute celui du serpent rajeuni, qui laisse parmi les feuilles desséchées de la forêt l'enveloppe dont il vient de se dé- { pouiller. Le poète chercha son chemin , et ce

UYRE TROISIÈME. S07

ne fut pas sans peine quHl parvint à sortir de Tantre. Hévos pieux ^ il disait enlai-méme:

tt Est-ce à moi d'envisager la destinée qui m'ata tend ? Qui suis-je pour m'opposer à Tordre M immuable des choses? Que je sache ou que u j'ignore l'avenir, n'ai-je pas la même cona dnite à tedir ? L'homitie ne doit-il pas accepte ter l'épreuve, sous quelque forme qu'elle se tt présente? Ne faut^il pas qu'il l'accepte pour M qu'elle lui soit profitable ? o L'esprit accablé de mille pensées amères, il retourna auprès d'Eurydice, mais il tut la fin de sa vision.

« Dès ce jour cependant Orphée croit avoir accompli le devoir dont les dieux avaient caché le projet dans son sein. L'entretien de la sibylle, tout en lui causant une tristesse infinie, qui subsistera toujours, lui inspire une sorte de confiance, et le décide à porter ailleurs les trésors dont il est dépositaire. U construit donc une nacelle semblable à l'esquif qui l'avait déjà porté une fois sur la mer des orages ; mais lorsqu'il voulut s'embarquer avec Eurydice, les Pélasges, comprenant leur dessein, brisèrent la chétive nacelle, et en dispersèrent les dâ>ria sur les flots; ensuite, pour témoi-

SOS ORPHEE.

çner le désir qu'ils avaient de conserver les deux époux au milieu d'eux, ils leur fermèrent l'issue du Hvaçe par des danses. A cette vue, le visage d'Eurydice fut inondé de larmes.

Orphée lui dit avec tendresse: « Fille de Tau laon , pourquoi pleures-tu ainsi ? Ne t^ai-je a pas promis la destinée la moins paisible?

u Nous avons abordé cette Oe par la volonté « des dieux. Les peuples qui l'habitent ne veua lent pas nous laisser partir, mais c'est parti ceque déjà ils nous aiment; et les dieux leur « ont inspiré cet amour, commencement et <( présage de toutes les sympathies qui foret ment l'unité sociale. Achevons notre ou- « vra(je en prolongeant notreséjour parmi eux. « Je voulais revenir pour leur apprendre à re- « cueillir la moisson; eh bien, attendons ici « quela moisson ait couvert les verdoyantes no* « vales, et notre temps nesera point inutilmient « employé. Bientôt nous pourrons converser M avec nos hètes, eux-mêmes nous fbamirout « le moyen de recommoicer notre pénible « navigation; car, tu le sais, nos jours ne «r doivent pas se perdre dans une molle oisi- M veté. » Tel fut son discours, mais il souffrait toutes les peines de Famé. Son cxNiragc

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