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domptait àola-fbis ses sentimens et «es iaquîé^ tudes.
a Orphée, aprçs avoir enseigne aux Pélasges de la Samothrace à semer le blé, leur enseigna Fart de la parole organisée en langage régulier; puis il leur apprit à répéter les chants inspirés par Mnémosyne. Les langues sont le lien des intelligences humaines, et créent à leur tour Fîntelligence dans Thomnie. La musique ébranle toutes les facultés pour leur donner la vie, et leur imprimer le mouvement Ne croyez pas néanmoins, roi pasteur, que les Samiens fussent entièrement dépourvus de langage; ils avaient conservé, avec une langue sacrée toute mystérieuse, toute composée de formules inconnues à eux-mêmes , puissantes et terribles, quelques restes informes d'une langue primitive qui avait péri, et dont Orphée retrouva les éléments; car, ainsi que voua venez de l'apprendre par l'entretien de la sibylle, à une époque fort reculée dans la nuit des âges, l'a Samothrace avait éprouvé d'horribles catastrophes, dont le souvenir encore vivant dans de sombres traditions était la seule trace de culte que l'on pût reconnaître. Sur notre malheureuse terre, l'homme est
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souvent obligé de recommencer le travail de son avancement; souvent il croit apprendre pour la première fois , et il ne fait que se souvenir. Mais le bienfait des instituteurs des peuples est toujours aussi g^rand. Toujours ils en sont récompenses par l'apothéose; et les dieux, dont ils furent inspirés, confirment les soffrag^es des peuples.
a Lorsque le blé fut parvenu à la maturité, Orphée montra aux Péiasg^es l'art de le recueillir, de le réduire en poudre, de le pétrir, d'en faire le pain, aliment nouveau quHIs savouraient avec délices. Il dirigea ensuite leurs travaux pour augmenter la fertilité de la terre.Par lui, ces peuples surent bientôt constmire de^ charrues semblables à celle de Triptolème. 11 leur fit façonner des contres armés d'un fer aigu, en employant le feu que Prométhée avait donné aux hommes. Le bœuf, utile compagnon du laboureur, fut dompté et soumis au joug , et la précieuse semence fut jetée dans de profonds sillons, pour produire au centuple.
Dans des hymnes sublimes , qui alors commencèrent à retentir parmi les campagne»
agrestes, et qui plus tard feront résonner la voûte des temples magnifiques , le poëte divin
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disait Tinfluence des sig^nes célestes, la succession des saîsoDS, les préceptes de ragfriculture, les œuvres et les jours. Les oreilles , naguère si ig^norantes, de ces peuples étaient devenues dociles à une telle harmonie. Ne vous étonnez point, Évandre, de progrès obtenus en si peu de temps; et vous*méme vous l'avez vu, car lorsque vous avez quitté l'Arcadie l'art de Triptolème y était à peine connu; et cet art venait, à ce qu'on m'a dit, de la Samos de Thrace. Dans le premier âge des sociétés humaines, il est des années qui valent des siècles, ainsi que dans l'enfance de l'homme il est des jours qui valent des années : tant les limites de notre intelligence sont rapidement atteintes. D'ailleurs , vous le savez , roi pasteur, nos facultés existent toujours en nous; les circonstances et les enseignements ne les créent point, ils ne font que les manifester. L'homme, avant d'avoir reçu tous ses développements, montre d'avance ses instincts sublimes, et prédit sa gloire future. Ainsi le jeune taureau, dont le front n'est point armé de puissantes défenses, s'essaie déjà aux combats qu'il livrera un jour, déjà il menace de ses cornes qu'il n'a pas encore. Tel est l'homme, tels sont
les pettple$ , tels furent les Pélasges. N'oublîom pas sufvtout qu'Orphée était inspiré des dieni, et que les temps étaient arrivés.
u Alors le lien mystérieux de la société fat réellement tissu; alors la terre, rendue, par la culture, identique à celui qui la cultive, produisit la propriété, base et origine de tous les droits; alors furent tracées les limites des champs, correspondantes aux limites de la propriété céleste, don de la lyre; alors fut placée la pierre irréfragable du témoignage; alors fut connue la sainteté de l'union conjugale; alors furent instituées les cérémonies funèbres; alors l'homme eut une famille dans le passé et dans l'avenir, et le dogme de Fimmortalité naquit en même temps ique le sentiment de l'humanité; alors la justice et la morale eurent des organes , et l'autorité descendit du ciel; alors la vie fut un bienfait, et la reconnaissance pour l'auteur de la vie se manifesta sous la forme d'un culte. Traditions primitives du genre humain , vous reparûtes sur la terre, vous sortîtes des débris épars de l'ancien monde* Génie des peuples, vous renouvelâtes votre pacte éternel avec la pensée divine, religion impérissable du genre ha-
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main. Tous ces prodiges furent opérés en un instant, car le cœur de l'homme ne refuse ja« mais de répondre à l'instant même, lorsqu'il est interrogé par la voix toute-puissante de la vérité, lorsque toutes ses facultés sont interrogées à-la -fois. Les passions seules , ou de funestes-préjugés , peuvent nous arrêter dans rignorance , ou nous retarder dans les voies du perfectionnement, et les Pélasges étaient des hommes simples.
u Que pourrais-je vous dire, sage Ëvandre, des institutions diverses qui furent créées pair le poëte divin, ou dont il puisa la science dans les traditions primordiales? Soit le souvenir de ses entretiens secrets avec Talaon, soit les institutions inconnues qu'il puisa dans les grottes cosmogoniques de la Samothrace, ile sacrée dès l'origine des choses, soit le brillant Phanès qu'il consultait dans la solitude : tels furent les éléments de cette merveilleuse législation sacerdotale dont il ne m'a point été donné d'étudier les profondeurs. Par elle, une noce et une sépulture furent environnées des mêmes mystères redoutables, des mêmes cérémonies tristes et sévères; et Eurydice, la douce fille de la vision , en avait l'ame éper-
su ORPHÉE.
due et épouvantée. Vous le savez , Évandie, et c'est ainsi dans le vieux Latium, dans Tantique contrée religieuse, Finvocation des an* cétres qui habitent au sein des hautes sphères, les prérogatives de la propriété céleste unies k celles de la propriété sur la terre , la naissance et la mort, la stabilité du mariage, toutes ces choses augustes se confondent dans une seule grande pensée, donnent lieu à des initiations semblables, à des épreuves également terribles, à force d'être imposantes et solennelles.
tt Ces peuples , afin de retenir plus long* temps des hôtes qui les ont comblés de tant d'inappréciables bienfaits , et leur faire chérir une demeure fixe, avaient construit aux deux époux une cabane ornée de feuillage. Les sublimes orphelins n'habiteront point la cabane hospitalière qui leur est destinée, car ils ne peuvent y placer la glèbe , gage et symbole du pouvoir domestique ; et le numèn des manifestations successives, la Victoire Thalunopolos n'y a point profondément enraciné dans le sol le lit immuable, la couche féconde et sainte qu'aiment à visiter les ancêtres. Orphée considérait un aigle planant dans les airs :