‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 47 sur 86 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

u phée. C'est lui qui a civilisé mes peuples, qui a a courbé leurs fronts sous le jou^ des lois. M Auparavant je n'avais d'autre empire sur « eux que celui de la force et du courage.

«Mon ascendant était dans mon bras, dans umou dédain pour tous les obstacles, dans «moa reg^ard inflexible. Ma voix les faisait M trembler; ils m'obéissaient, parceque je les a surpassais en mœurs farouches et féroces; M ils me suivaient au sein des dangers, parcet( que je m'y précipitais aveuglémeqt le pre- « mier; .dans la guerre, si toutefois on peut tt appeler guerre de tels combats, iis reconu naîasaient leur chef à ses fureurs et à la stia rel^.de ses coups. D'ailleurs, vous le savez, a et je l'ai compris à mesure que mes facultés <i se développaient, il y a dans les hommes «une disposition à l'ordre social, un goût u inpé d'harmonie q^i les fait se soumettre au M peu^soir dès que le pouvoir se présente avec i< la confiance en lui-même, et cette confiance u vi«at des dieux. L'autorité est une inspirau tion. Ainsi les peuples m'obéissaient, mais u il» m'obéissaient en frémissant. Le faitn^é- « tait point sanctionne par le droit , ni I'ch u béissance par l'assentiment ; le lien qui unit

Si2 OBPHÉE.

u les peuples et leurs chefs n'était point fonné, u et les chefs, aussi bien que les peuples, en tt ignoraient le mystérieux tissu. Du moÎDS a c'est ainsi qu'Orphée m'a depuis expliqué la a nature de mon empire. Je n'étais donc point «roi; le pouvoir que j'exerçais était un pouavoir sans nom, sans signe, sans limite, tt sans durée. J'ai été fait roi par Orphée en a même temps que les Odrysiens sont devepas a réellement un peuple, car le pouvoir et l'ottbéissance ont une même origine. Cest U tt contrée la plus âpre qui a produit tous les tt enchantements de la musique; c'est la laott gue barbare qui est la langue religieuse.

tt Apprenez maintenant , à Thamyris^com- « ment les choses se sont passées. Vous m'avez a dit que le peëte divin était apparu à Eoryttdice du sein de la tempête; à moi, c'est au « sein de la bataille, orage bien plus terrible , tt et la bataille n'avait d'autre motif <pie celui tt de nous disputer la terre tiû nous étions trop tt pressés. Nous étions tous engagés dans la M forêt de Dodone. Les arbres prophétiques ^.poussaient de sinistres gémissements. Les M dieux du silence et de l'effroi semblaient tfi proférer de menaçantes imprécations. Lr

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