‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 56 sur 86 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

« dernier séjour dans la Thrace, il a, sans Fa- « voir prévu , jeté dans le coeur d'une jeune et « belle ménade le funeste poison d'un amour M qui doit la conduire au tombeau. Elle ne « peut manquer de paraître devant vos yeux, « cette vierge malheureuse, qui fut trop éprise « des prodiges opérés par Orphée, et qui « compta trop sur le pouvoir de la beauté.

« Enfin le poète divin a disparu tout-à-fait « pour nous; il ne nous a laissé que sa lyre, « dont personne encore après lui n'a osé tirer « des sons. Sans doute que depuis il a conti- « nué ses voyages qui doivent avoir une si « grande influence dans le monde; et j'ignore « à présent la suite de ses aventures. Peut- « être le reverrons*nous un jour. »

a Tel fut, ditThamyris en se reprenant, tel « fut le récit du roi de Thrace, ce roi nouvel- « lement investi de la puissance du sceptre , « nouvellement éclairé sur le sens de l'énigme « du Sphinx; vous comprendrez facilement, u à Évandre, à quel point ce récit agitait tou- « tes mes pensées. Et vous , roi pasteur, je vois « par l'attention que vous prêtez à mon dis- * " cours que je puis continuer ces entretiens, w « Vous ne devez point douter, poète illustre,

u dit Évandre , du charme que j'éprouTe à u vous entendre. Ceux qui ont prétendu que « votre lyre avait été brisée, sans doute pnt été u trompés par des bruits mensongers. Mais u souffrez, Tbapiyris, que je vous témoigne u mon étonnement. La religion , les langues , a les plus augustes mystères, viennent des u barbares ; cVst ainsi du moins que j*en ai M toujours entendu raconter Forigine inscrut( table ; nous leur devons les expressions voiu lées , les mots qui ont un sens inconnu, les (( formules puissantes et irrésistibles ; nous u leur devons enfin tout ce qui annonce les u communications de Thomme avec la Divi- « nité, tout ce qui mérite le respect ou comu mande la (erreur. Ma curiosité sur des suit jeCs si importants est loin d'être satisfaite u par tout ce que vous me dites de la Thnice. ^ u Vous avez raison , irréprochable Évandre^ u répond Thamyris, de trouver insuffisantet « les choses qu*OEagrius a consenti à me de^ u voiler. Toutefois n'ayez point trop dlmparJ u tience ; plus tard vous recevrez la lumitrl u que vous desirez. Qu'il me suffise quant M u présent de vous répéter que nul coin de tenf u ne fut jamais sans tradition, et qu'éreilK*

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