LIVRE QUATRIÈME
u rintelligence , c'est réveiller la mémoire. « D'ailleurs Orphée n'avait point vu les Pyra- « mides lorsq[u'il institua la Thrace. Je vais u donc continuer mon récit. »
u Pendant que j'étais chez OEagrius, un peuple voisin se jeta sur les moissons, et les ravagea ; c'était comme un peuple de bêtes féroces. Il dévorait encore la chair crue, et se nourrissait de gland. Il venait des forets de la Ghaonie. Les Thraces désolés d'une calamité si cruelle, qui menaçait d'anéantir les fruits de leurs travaux , la longue attente d'une année , se réunirent autour de leur roi en poussant des cris de vengeance et d'extermination. «Traiutons-les, disaient-ils, à l'égal des animaux u dont ils ont conservé toutes les mœurs fa- « rouches. » « Sans doute, répondit OEagrius, a il faut mettre un terme à de telles calamités ; u sans doute il faut que lès sueurs du travail « n'arrosent pas inutilement la terre : c'est bien u assez de l'incertitude des saisons. Orphée m'a « enset^^né la nécessité de la guerre , mais il u m'a enseigné en même temps l'humanité. Souci venez-vous donc , souvenez-vous que naguère *i vous ressembliez à ces hommes : comme eux,