‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 59 sur 86 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

(c natale. Il ne s'agit doac point d'exterminer u ces malheureux qui sont ce que vous avez a été avant que vous vous connussiez, ce que tt vous vouliez être lorsque vous vous êtes coQ«* u nus. Il faut les vaincre, les soumettre au joug u des lois , et leur faire aimer Tordre social u que nous leur imposerons. Pourquoi n'auu raient - ils pas à leur tour la connaissance « d'eux-mêmes , la capacité du bien et du mal? (( Les dieux nous les envoient pour qu'ils ente trentavec nous dans les voies de l'avancement u prog;ressif. Ils ont voulu que la guerre fût u aussi un moyen de civilisation et de sympau thie, car tout est souffrance dans la condition u humaine. Ces mortels sont comme des aniu oiaux ; soufSons* sur eux le soufQe créateur u qui fait les hommes. Si Orphée était au mitt lieu de nous, peut-être il les vaincrait par le a seul charme de l'harmonie ; et, vous ne pouu vezen avoir perdu la mémoire, c'est ainsi que u nous avons été subjugués. Nous avons été i( plus favorablement traités par les dieux. »

« Œagrius parlait avec calme et autorité; mais ses peuples, dépouillés, depuis si peu de temps, de leur barbarie, l'écoutaient à peine. Aveuglés par la rage, ils étaient tout près en-

core de revenir à leur instinct féroce. C'est ainsi que la passion ramène souvent Thomme à sa brutalité primitive, u Sommes-nous donc tt réduits, criaient-ils de toutes parts, à lais- M ser ravager nos moissons, égorger nos trou- « peaux? Que nous servira de nous être £biçodtt nés à des arts nouveaux, propres seulement M à affaiblir le courage ? Ah ! retournons à Finu dépendance des forêts. Du moins nous ne u craindrons pas de nous voir ravir notre subosistance. Nous serons en sûreté, car nous « veillerons toujours. Nous ne nous reposerons uplus sur les haies de nos champs, sur les «seuils inviolables de nos maisons. Nous ne u serons plus obligés d'attendre que la terre a nous donne, à force de sueurs , des moissons u incertaines ; nous savons à présent qu'elle» M peuvent être détruites par tous les fléaux du u ciel , et par les déprédations de nos voisins. M Le chêne jamais ne refuse son fruit; et si la «foudre le frappe, la forêt n'est pas frappée u tout entière. Malheur ! malheur à qui a voulu «armer de la hache fatale nos mains témé- «raires! Bois vénérables de l'Hémus et du a Rhodope , que ne subsistez - vous encore !

u Vous n'avez pu être garantis par le respect et

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