‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 66 sur 86 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

lait que Fëclatante lumière de Phanès éclairât tous les hommes. Les noms qui désig;naient quelques régions de l'âpre sol de la Thrace étaient des noms imposés par les Titans du-* rant leur régne cosmogonique ; les lieux qui n'avaient pas été foulés par les pieds des Titane étaient restés innommés. L'union conjugale donna un nom humain aux personnes et aux lieux. Par-tout ailleurs l'imposition des noms' a commencé par les espaces du ciel , qui eurent des limites avant les contrées de la terre. Cette chorégraphie sacrée, qui unit la terre au ciel , manque également à la Thrace. Ainsi donc Orphée , qui n'avait point reçu de Talaon la glèbe, mais seulement la semence, ne put fixer la propriété sur une base immuable ; il ne put faire des Odrysiens un peuple-fundùs. Ainsi donc encore il n'institua point la fête de la naissance, cette fête qui est celle de l'ortùs, si célèbre parmi les nations latines, et qui suppose les classes, la propriété incommunicable en faveur de quelques uns, le lit nuptial identique avec la propriété. Orphée ne croyait qu^à une seule essence humaine. Tout ceci, je le vois, excite en vous un étonnement profond ; mais , je dois vous le dire, c'est la cause à laquelle on

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a attribué le peu de fNPOgrès des Odrysiens dans la société; ik ne sortiront pas, dit-on, d'un état de demi-barbarîe. Ils pourront avoir des villes, mais on croit qu'ils n'auront jamab de cités. L'outre de l'éternité leur manque. Ils ne connaissent point les rites du sulcùs primigeniiis. Sans ortùs, sans droit de famille, ils seront toujours hostiques, et leur religion sera une religion toute plébéienne. Enfin ils n^ont pas passé par l'initiation de Saturne et de Rhée ; ils sont arrivés de suite à celle de Bacchus et de Cérès. Le cruel Ares, redoutable arbitre des combats, celui que vous nommez Mars, telle est, telle sera la grande divinité des peuples divers de la Thrace ; et leurs banquets seront encore de funestes images de la guerre. Mais leurs batailles ne seront plus un aveugle earnage, sans renommée, d'hommes sans noms^ proie obscure de vils animaux. »

u Roi de la colline carrée, qui m'avez ac* M cueilli dans votre cour, continua Thamyris, u vous connaissez maintenant les choses que u j'avais à vous faire remarquer sur cette paru tie de mon récit. Sans doute le peu de bien u que j'ai pu faire en Thrace sur les pas d'Or-

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