‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 80 sur 86 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

cence, ils ig^noraient le pouvoir invincible de Famour, de Famour qui se plaît k franchir toutes les sortes de hiérarchies*, qui finira par confondre les ordres et les classes.

« Orphée ne pouvait plus prolonger son séjour dans la Thrace; il se devait à d^autres travaux. Il ne réunit plus que deux fois la foule des peuples. Érigone allait chercher les jeunes ménades ses compagnes, et les amenait pour leur faire entendre les chants d'Orphée. Ce troupeau de mille couleurs variées ressemblait à ces troupeaux de tigres et de panthères qui accompagnent Bacchus dans ses courses bienfaisantes, dans ses brillantes excursions, dans ses conquêtes civilisatrices. Le sentiment du bien et du beau pénétra dans la plupart des ménades. Les cordes brisées et rétablies de la lyre, consonnantes aux «autres cordes, enseignaient la dignité humaine, fondée sur la conviction d'une essence unique.

ToiUefois de tels prodiges ne pouvaient être opérés que par la main inspirée du poë^ luimême.

« Cependant Orphée partit. Un jour on vit un léger esquif sur la mer orageuse ; on entendait de doux accents: c'était Orphée qui,

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