‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 81 sur 86 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

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seul , s^abandonnait à la providence des flots. Les peuples réunis sur la pla^e poussaient des cris dWmi ration. Érigone , assise à Fécart, versait des larmes amères. Elle recueillait dans son ame les sons ravissants qui partaient de la barque. Et c^ëtait bien à elle en effet , plutôt qu'à la foule des peuples, que les chants du poète étaient adressés; car c'était de ces accents qui ont le pouvoir d'apaiser les flots, et de tempérer les rigfueurs des mânes. U voulut écarter un instant de sa pensée le souvenir d'Eurydice, pour mieux calmer Érigone, pour mieux conjurer le malheur. Mais la ménade éprouva encore une fois que nul chant ne peut suspendre les peines de Tamour. Hélas l Fheptacorde , qui était resté entre ses mains, et qui était un gage si précieux de la tendresse toute paternelle d'Orphée, était en même temps pour la vierge malheureuse un triste témoignage de son infériorité. Longtemps encore l'éclatant Phanès de régalité éblouira les yeux sans les éclairer. L'avancement des destinées humaines est au prix d'initiations lentes, successives, mesurées.

u Depuis ce joury on vit la ménade inconsolable fuir ses compagnes, errer dans la

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