PRÊCHÉ A SAINT-SU LPICE
C'est dans le priuce des Apôtres, avant tout, que se justifie, Chrétiens, cet infaillible et consolant oracle. Que sont, près de la grandeur à laquelle Pierre se voit maintenant élevé , que sont les dignités les plus hautes et les plus éclatants honneurs ! Quelle gloire ! Le maître adorable pour qui il brava tant de périls , endura tant d'outrages, souffrit tant de tourments, a placé près de lui , dans le ciel , cet ami si fidèle et si cher , et lui fait oublier , dans les doux épanchements de sa tendresse, les jours où il connut les humiliations et la douleur. Quelle puissance! C'estPierrequiduhautdu ciel veille encore sur cette Eglise qu'il fut chargé de consoler de l'absence de Jésus- Christ mêmej c'est Pierre qui guide encore le troupeau , qui dirige encore les pasteursj enfin, c'est à la voix de Pierre que les por-
42 EXORDE DU MÊME SERxMON
tes de la elle éternelle s'ouvrent ou se ferment sans retour. Enfin , quel renom et quelle autorité ! Est-il un peuple si sauvage où son nom n'ait été prononcé? une région si lointaine où ses oracles n'aient retenti ? On traverse les mers, on essuie de longues fatigues pour venir baiser ses chaînes; et les rois, poursuivis par le sort et tombés dans l'abaissement, viennent se consoler de la perte d'un trône auprès de son tombeau. Cependant Pierre n'est pas le seul dont nous admirerons la gloire ^ et tous ces Saints innombrables, dont il est le chef, méritent aussi que nous contemplions leur grandeur; car ils sont véritablement grands. Q^id timent te f magni erunt.
PÉRORAISON
Mais adressons surtout de ferventes prières à cet Apôtre glorieux qui , du haut du ciel , suit encore avec sollicitude cette barque mystérieuse qu'il conduisit le premier à travers tant d'écueils et d'orage^. 0 chef auguste et révéré du collège apostolique , abaissez toujours un regard de prédilection sur cette jx)rtion honorable et chère de l'immense héritage dont vos travaux et