‹ Œuvres de M. Borderies, évêque de VersaillesChapitre 22 sur 57 · HAIN'E P(;UR LE MONDE · texte numérisé non relu

HAIN'E P(;UR LE MONDE

DEUXIEME POINT

Faudra-t-il, cliréiiens, commencer pai' vous demander grâce pour le sujet que nons entreprenons de traiter aujourd'hui devant vous, et cette parole qui doit vous juger, se fera-t-elle précéder avant tout par sa propre justification? Non, chrétiens, nous ne fenons pas cet outrage à votre foi ni à la dignité du ministère évangélique; car, si vous observez seulement d'un oeil impartial quel est ce monde que nous prétendons attaquer emee jour, voyez surtout si vous ne reconnoissez point dans nos accv\sations celles que votre dépit et vos mécomptes vous arrachent contre lui mille fois, et notre zèle n'aura pas besoin d'apologie.

Quel est donc, chrétiens, quel est ce monde auquel les ministres de la sainte Parole ont reçu l'ordre de déclarer la guerre, et que TÉvangile vous commande de poursuivre vous-mêmes par une haine irréconciliable ? Où découvrirons-nous cet ennemi dont il nous faut dévoiler les artifices et prévenir les complots r Ne peut-on l'aiieiD-

2o6 IV'' DIMANCHE DE l'aVENT.

di e que dans les palais des grands , au sein de l'opidence et dans l'éclat des dignités, ou bien faut-il songer à le chercher aussi sous le chaume du laboureur, dans l'atelier del'arli&an, et jusque sous les haillons de l'indigence? Oui, chrétiens, toutes les conditions peuvent offrir la rencontre de ce funeste ennemi, car, partout où se tiouve l'attachement aux biens sensibles, le mépris des lois du Seigneur, l'oubli des espérances immortelles, les passions avec leur avilissement, l'incrédulité avec son audace, là se trouve au&si ce monde auquel le Fils de Dieu déclare que ses disciples ne sauroient appartenir, dÊ monde pour lequel prêta mourir, il refusa de prier, ce monde enfin , l'éternel objet de ses malédiciious et de sesanaihèmes. Sansdouie, c'estsuriout dans une fausse gloiie, dans les trésors et dans les honneurs, que le démon prépare pour les chrétiens ses pièges les plus sûrs et ses plus dangereuses amorces j et malheur à nous, si par de lâches ménagements, nous venions endormir les puissants et les riches dans une funeste sécurité, et \t^s affermir contre la juste terreur que doit leur imprimer l'Evangile avec ses maximes d'humilité, - d'abnégation et de crucifiement. Mais les

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