POUR LE JOUR DE NOËL
C'éloit par sa désobéissauce qu'Adam avoit allumé contre lui la colère de Dieu. Père d'une poslérilé coupable, il avoit transmis à ses descendants, avec les effets déplorables de la malédiction céleste, cet esprit de révolte la source de son crime et de tous nos malheurs. Il falloit donc que le divin médiateur qui par pitié pour l'homme, descendoit sur la terre et veuoit désarmer l'indignation du ciel, non-seulement efTaçut avec son sang l'arrêt de notre condamnation, mais aussi nous fît comprendre quel crime c'est, à la créature, de désobéir à Dieu, c'est-à-dire, d'élever contre son Créateur un front audacieux, de fouler aux pieds ses commandements , d'essayer d'ébrarder son trône, d'attenter autant qu'il est en elle à sa souveraine indépendance. Il falloit que le nouvel Adam, père d'une postérité régénérée, formât, par son exemple, des enfants humblement soumis à l'autorité de Dieu, et qui, les regards fixés sur sa volonté sainte, fussent toujours remplis de zèle et d'ardeur pour exécuter ses lois.
Aussi, dès qu'il arrive, ce moment désiré que Dieu, dans ses décrets éternels, avoit marqué pour notre délivrance , Jésus- Christ unit en sa personne à la nature di-
Yiiie, la nature Inimaine, afin que celui qui conitne Dieu est co-ëternel à son père, et impassible comme lui, puisse en qualité (riionime présenter à. la justice éternelle un corps passible et mortel comme le nôtre, et devenir sous cette main vengeresse, comme une victime dévouée et soumise à ions les traits d'une juste fureur. En un mot, il obéit, et par cette obéissance il laisse sans excuse l'insolence de nos transgressions et de nos révoltes. Car , quel est celui à qui Jésus consent d'obéir? il est vrai, c'est son Père , mais un Père qui semble oublier que Jésus est son Fils, qu'il est son égal, qu'il a ilroit à toute sa tendresse j et nous, quel est celui à qui nous refusons notre obéissance? c'est notre Dieu, l'arbitre souvelain de notre destinée , qui peut à chaque instant nous anéantir avec plus de facilité que le potier ne brise un vase d'argile qu'il vient de façonner ; un Dieu enfin qui , pour nous combler de biens, semble chaque jour épuiser les miracles de sa puissance. .Jésus obéit à son Père , et quelle est la loi qu'il consent à subir? une loi qui lui ravit ses privilèges, le dépouille de son éclat , le précipite dans un profond abaissement j une loi qiii le transfoj-me en esclave et le con-