POUR I.E JOUR DE NOËL
damne à devenir le jouet des passions des honmies, de lenrs jalousies , de leur arro- «^ance, de leur injusdee, de leur fureur; et nous, Chréliens, quelle est celle loi que nous négligeons avec indifférence , que nous transgressons sans remords, que nous déchirons quelquefois avec un insolent mépris ? Une loi , le plus beau présent que le ciel put faire à la terre 3 une loi, le soutien de la faiblesse, le rempart de l'autorité, la défense de tous les droits , le frein de toutes les convoitises; enfin une loi qui ne nous fut donnée que pour assurer notre bonheur; car, n'est-ce pas dans la violation de ceite loi que trouvent leur source les malheurs qui désolent la terre ? Si la probité n'est plus qu'un nom, si la licence marche le front levé, si le sceptre de l'auloriié paternelle est brisé, si les rois sentent chanceler leurs trônes, si l'ambilion ei l'orgueil allument de toutes parts le feu de la discorde, enfin, si un pressentiment sinistre, et comme un murmure sourd, semble présager au monde de prochaines et épouvantables calamités , quel est l'homme ass<?z insensé pour s'obstiner encore à ne pas reconnoîlre que c'est la désobéissance à la loi de Dieu qui entraîne avec elle ces horri-
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bles conséquences? Mais sans étendre si loin nos pensées, il nous suffit de rentrer dans noire propre cœur pour comprendre que c'est pour notre bonheur que Dieu nous a donné sa loi , et pour notre malheur qu'il nous arrive de l'enfreindre.
En effet, nos vrais malheurs sont-ils la ])erte de la fortune, la perte de la santé, la peA'te des honneurs ? Sont-ce là pour nous de véritables sujets de larmes ? Non j un Chrétien trouve dans sa foi, que dis-je , un homme raisonnable peut trouver dans l'élévation de son âme, de nobles et solides consolations pour de pareilles adversités j mais par la transgression de la loi divine , perdre l'estime de soi même, perdre la pais de la conscience , perdre l'amour de son Dieu , voilà le malheur véritable, voilà le malheur sans dédommagement que nous n'avons pas la triste consolation de pouvoir imputer aux créatures , mais qu'il nous faut imputer à nous-mêmes j qui nous est toujours présent , qu'il faut toujours porter avec soi j aussi, lorsque tournant vos regards vers le passé , votre mémoire parcourt les époques les plus chères de votre vie , quels sont les jours que vous accusez de s'être enfuis trop rapidement 5 que vous voudriez encore rap-
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peler par vos vœux ; dont vous àimcz à tracer encore le tableau? Sont-ce les jours que vous consacriez à poursuivre la forlune , à satisfaire l'ambition , à rassasier la volupté ? Non, mais les jours de votre innocence, les jours où vos affections éloient pures , où vos plaisirs étoient sans remords , où votre front étoit sans nuage comme votre cœur j voilà les souvenirs qui vous attendrissent, qui vous remplissent de regrets , qui quelquefois font couler vos larmes ! Juste hommage rendu même au milieu de vos égarements à une loi dont l'observance faisoit votre bonheur.
Jésus obéit à Dieii dès sa naissance ; oui , cet enfant que vous voyez dans sa crèche, garde encore le silence, tient un langage d'obéissance et de respect, que saint Paul a pris soin de recueillir et de nous transmettre. Tésus-Christ, au témoignage du grand Apôtre, Jésus-Christ en entrant dans le monde, adresse à sou Père ces paroles, qui renferment pour nous une admirable leçon : ce Le y:> temps des symboles et des figures » est passé, le moment est venu, qui va 33 voir remplacer par une victime digne de M vous , ces victimes grossières qui n'en » étoient que l'ombre, et ne pouvoient vous
35 apaiser : quelque sévère que puisse être » votre justice contre l'orgueil de l'homme , » c'est moi qui vais la désarmer, je m'y 33 soumets et votre loi restera gravée pour 33 jamais au fond de mon cœur. Deus meus 3» volui et legem tuant in medio cordis mei. n
Quel exemple , Chrétiens , mais hélas quel sujet de remords ! En naissant nous fûmes aussi présentés au Seigneur j nous nous taisions encore, mais des voix chrétiennes s'élevèrent pour garantir à Dieu notre fidélité et notre obéissance j elles promirent que nous porterions avec constance le joug de l'Evangile , que nous suivrions sa lumière, que nous observerions ses lois. Que sont devenus , hélas ! ses serments que notre bouche elle-même a ratifiés tant de fois ! Est-il une seule époque dans notre vie qui n'ait été marquée par nos révoltes ', est-il une passion qui n'ait asservi notre cœur à son tour? Heureux encore, lorsque même sur le déclin des ans, la honte et les amertumes qui nous ont accompagnés dans le service de ces maîtres cruels, nous ramènent enfin à notre véritable Roi, et lui assurent notre obéissance !
Jésus naissant obéit à Dieu ; il obéit même aux créatures, et d'abord il obéit à
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saMère^ il permet que sa AJèie tanlÙL le prenne enlre ses bras, et tanlôt le dépose sur la chéiive paille qui lui sert de couche. Quelquefois elle resserre les langes quil't iiveloppent, et d'autres fois elle laisse à se«> membres plus d'aisance et de liberté. S;ni,v cesse elle tient fixés, sur son divin Fils, des yeux pleins de sollicitude^ mais quelquefois cependant l'inlérét même de ce précieux enfant oblige Mûrie de porter ailleurs ses regards.
Ah Chrétiens ! nous avons aussi une Mère pleine pour nous de vigilance et d'amour, qui nous prodigue chaque jour les plus doux empressements et les soins les plus tendres, une Mère à qui le riche doit l'éclat de son opulence , la somptuosité de ses tables , lu magnificence de ses palais j à qui le pauvre doit à son tour, le vêtement qui le couvre, le pain de chaque jour qui le nourrit, l'humble toit sous lequel il repose. Cette Mère est la Providence j pourquoi faut-il qu'elle ne rencontre de toutes parts que des ingrats qui méconnaissent ses bienfaits , ou des rebelles qui l'outragent par leurs murmures ! Quelle sagesse et quelle douceur de s'abandonner comme Jésus naissant à ses désirs Biaternels, sans prendre ni souci, ni dé-
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iiance, bien assuré que si quelquefois elle permet que noire cœur soit pressé par les angoisses de la douleur, elle saura quand il en sera temps le dilater par les consolalions de la joie^ ou du moins de l'espérancej et que lors même qu'elle semble un moment nous oublier, et pour ainsi dire fermer les yeux , sa tendresse nous suit et son cœur ne s'endort jamais.
C'est encore peu , il faut que Jésus naissant consente à subir les misères inséparables de noire nature, et qu'il obéisse luimême aux lois par lesquelles il gouverne cet univers. Celui qui a créé les vents et qui les déchaîne à son gré, permet que leur souffle vienne glacer ses membres ; celui qui prépare aux oiseaux du ciel un duvet si doux pour leur vêlement, souffre que des langes grossiers serrent son corps délicat; celui qui ménage une retraite aux animaux sauvages , ne peut trouver pour y prendre naissauce qu'une pauvre élable entr'ouverie de toutes parts. Yoilà le modèle : où sont les imitateurs? où sont les Chrétiens qui, dans les vicissitudes auxquelles l'homme est inévitablement assujéti, reconnaissent l'or* dre de Dieu, et se soumettent sans se plaindre 5 où sont les Chrétiens qui, gémissant