SACERDOTAL
La religloa, Messieurs, a perdu son éclat <i sou opulence j tous ces dons maguifiques de la loi de nos pères , ces riches offrandes de leur piéic , ces ierliles domaines, ces édifices somplueux, ces asiles de lafoiJ)lesse , ces retraites de la pcniLeuce, tout a éK; son- \lainenient ravagé par un violent orage j une cupidité jalouse etiiupi-j a tout dévoré, tout englouti sans reiour. 11 est vrai, la religion pleure sur des fureurs qui ont enlevé à son zèle les ressources, à ses fêtes leur pompe, à ses pauvres leur patrimoine , aux sciences même et aux arts leurs encouragcmens et leurs récompenses j mais elle veut que ses ministres la consolent dans son indigence et son liumilialiou , en taisant tourner au prtolit du salut des ànies et de leur propre yanctificalion ces désastres inouïs et cette pouvantable ruine. Elle sait quelle plaie
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profomiie fit jadis à la foi des* peuples le fasle dont les prêtres étaient environnés, fîlle sait quelles divisions et quels scandales excita plus d'une fois nn contraste révoltant entre la croix d'un Dieu pauvre et la mollesse de ses prédicateurs j mais surtout, elle sait quelle indijj;naiion et quel mépris poursuivirent t rop souvent des hommes qui déraenioieni leur vocation céleste par leur amour de l'or et leur honteuse avidité. Elle veut que ses Prêtres effacent aujourd'hui ces honteuses mais trop prolondes impressions, qu'ils éditicuL les peuples par leur éloignement des vanités du siècle et leur angéliquc <iésinléressement , et qu'enfin ils se moniient détachés des biens terrestres dans leurs f;;oùis, dans leurs rapports avec le rwoude, dans l'exercice de leurs fonctions. Onblierons^nous, Messieurs, les règles de la prudence devant une .tssemblée que recomui.mde touta îa fois tantdeïumièrcset de verni j en prétendant imposer aux ministres ■fies autels la pauvreté absolue, comme une indispensable loi: et prétendrons-nous les ' -courber sous ime obligation que le cloître seul réserve à ceux qui en ont embrassé les Ausières et saintes rigueurs?Non, Messieurs, et quoiqu'il n'y ait point de vertu si difficile
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à laquelle un prêtre ne doive s'exercer, de perfection si haute qu'il ne doive essayer d'atteindre, cependant une sage défiance l'avertit d'interroger ses forces avant de s'engager dans la voie des conseils, et si ia pauvreté fait peur à sa faiblesse , il doit se réfugier dans une sage médiocrité, et légitimer l'usage des biens terrestres par son détachement et lu modération de ses désirs. Ainsi , Messieurs , laissons les ennemis de la religion s'effrayer déjà de l'opulence du sacerdoce, quand il eut plongé du us un si profond dénùment, et le rappeler sans cesse au tempsdes apôtres dont ils ne lui veulent conserver cependant que la pauvreté. Laissons-les s'irriter, quand, après tant de ruines, ils voient encore debout les palais des princes de l'Eglise, et une dignité si haute , encore environnée de quelque éclat : cet appareil et cette pompe appellent les hommages des peuples , et servent de soutien à leur foi. Souffrons aussi qu'un prêtre respecte dans son extérieur la loi des bienséances , qu'il ne provoque pas par une négligence affectée la dérision et le mépris, et ne condamnons pas dans son humble demeure une propreté modeste et même des ornemens simples qui lui rendent sa solitude plus douce, et plus facile
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l.i lui le des sociétés et tic leurs dmigeieus. passe- temps.
Mais cette disliuction nue Ibis établie, quel malheur si un ministre de l'Evangile ne puisoit pas dans sa foi des senlimens qu'une ame élevée ti ouve dans sa seule raison î Quel sujet de confusion pour un prêtre, si le souvenir des éludes profanes qui exercèrent ses premières années , lui rappeloil dans les philosoplics du paganisme des exemples qui condnmneroient son attache aux aises de la vie , ses goûts sensuels et les recherches de sa délicatesse ; el si la vertu fastueuse d'un Socrate, d'un Diogène ou d'un Platon, (.levoit faire rougir celui que Jésus-Christ a établi docteiu- de son humble et divine philosophie î Quel sujet de scandale , si noire mollesse, notre sensualité, notre faste peut-être, offroient entre notie conduite et l'austérité de nos leçons , une déplorable contradiction! Car notre mission ne se borne ])as à éclairer rintelligeuce et à rév(''ler aux hommes les sublimes mystères auxquels, par ses seules forces, la raison ne sauroit atteindre, mais il nous f:uit aussi guérir les cœurs, et pour y réussir, en anacher cet attachement aux biens sensibles, qui au jui^ement de î'apùlre est
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la source de tous nos égiirenicns , et par conséquent de ions nos malheurs. Radinomniarn niaionini cupldltas. C'est nous cj ui devons les nicltrc en j;arde contre l'amour des richesses, l'enchantement de> sensj les illusions du siècle; leur apprtndrc à refuser tout niénairement aux membres d'un chef couronne d'épnies, à Irailcr îe corps en esclave rebelle, à voir dans leurs vêtenieus non la satisfaction d'une vauiupuérile , mais l'humiliant souvenir de nos premiers malheurs, de notre eormpiioneidt' ^notre honte. Mais comment les fidèles donneront-ils à ces grandes vérités leur estime, si par notre conduite de chaque jourils jugenl que nous n'avons pour elles que du dégoût ou du mépris ? Nous aurons beau dire auv riches qu'ils ne doivent pas se confier dans leurs richesses, aux pauvres, ([uo c'est <lansle ciel que Dieu leur piopose les véritaltles trésors; aux mondains, que la figure du monde passe et ses plaisirs av^c lui; si nous ne soutenons cesexhortalions par la simplicité de nos goûts, par notre éloignement pour les vanités du siècle, par notre modestie sacerdotale, nos discours tomberont sans fruit sur des cœurs en garde et prévenus a avance con* tre les efforts de notre /èle et les apprêts de
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notre éloquence. Nous avons beau reclamer et nous plaindre, redire sans cesse que pour èire minisires de la religion nous n'en sommes pas moins hommes, que ce n'est pas à notre conduite qu'il faut se rendre attentifs mais bien à nos discours; en dépit de nos sophismes et de nos subtilités, les fidèles s'obslinent à ne vouloir être convaincus que quand nous le paraissons nous-mêmes, à ne voir dans notre ministère rien de sérieux et de décisif que nos œuvres. Si cette importaule condition n'e^î remplie, nos exhortalions et tout leur appareil ne soiU plus aux yeux des peuples qu'un rôle grave dont les convenances de notre état nous dictent le lan ^age, mais dont nous déposons bientôt dans le secret de nos maisons la sévérité j qu'un vain épouvantailqui peii l effrayer les simples, mais contre lequel nous sommes lespremiers aguerris j ,»ussi n'attende/, rien pour arracher les âmes aux affections mondaines, les élever aux nobles pensées du ciel, leur inspirer pour des biens frai^iles ou de vaines satisfactions, un généreux méprisj; n'attende/ rien d'un pvétrequi,resprit rempli de pensées frivoles, le cœur livré aux affections terrestres, attache un indigne prix aux jouissances du siècle, à ses recherches et. a son faste.
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Esl-ce bien lui qui peut se flatter d'inspirer aux mondains, pour de vaines parures, un juste mépris,ou d'ennoblir auxyeux des pauvres les livrées de l'indigence, lui qui dé|,»osant au sortir du saint autel le modeste, mais glorieux vêtemenl,dontlessainlscanonsront revêtu, se confond sous un habit équivoque avec les entants du siècle, dont il interroge tous les usages, dont il consulte tous les goûts 4it dont quelquefois il fait gloire de vaincre l'élégance et la somptuosité ? Est-ce bien lui qui fera partager son indignation contre les profusions du luxe, lui à qui il faut que l'or prête aussi son éclat, et qui, aussi vain que les femmes du siècle, ne rougit pas de faire jouer entre ses doigts un ornement fri vole? Esi-ce lui qui conduira le pauvre à la crèche de Jésus enfant, qui lui dira que le fils de l'homme n'avait pas où reposer sa têie, lui qui, oubliant la sainte austérité des mœurs sacerdotales, peut-être la rigoureuse détresse à laquelle semblait le condamner pour jamais sa naissance ,a réuni dans sa demeure tous les apprêts du luxe, toutes les sollici- ' tudes de la mollesse , toutes les . recherches d'une vie commode et voluptueuse ? Mais un prêtre doit aussi se montrer détaché des biens terrestres dans ses rapports
avec le monde. Redoulable destinée d'un piélie I il n'est point du monde et il est condammé à vivre au niilieu dn inonde.
C'est un liomme spiiiiuel et céleste qui ne doit estimer d'autres espérances (pte celles des biens luturs, d'autres trésors que ceux de la gràee, d'autre héritage que le ciel, et qui cependant se voit sans cesse contrainl de s'abaisser, avec des liomnu's terrestres et charnels, à de cliaritabics condescendances, de se faire tout à tous pour les gagner à Jésus-Christ,et qui, pour obtenir le droit de levuparier des seuls ])iens solides, doit consenluquelquefois à les enli-eienir deleurs inlérèi> périssables, à s'afiîiger de leurs perles , à se réjouir de leurs succès. Mais qu'il sérail à plaindre si l'indulgence que lui inspire son xè\c se changeait en piège pour son propre salut , si la contagion qvi'il vent guérir venait à l'atleindre lui-mémej et si sans cesse témoin de l'ardeur des enfants du siècle pour des biens corruptibles, il se laissait lui-même entraîner à leurs enq)ressemenls et à leur^ sollicitTuiesî Alors vousle marriez, ainsi qu'jl arrive toujours quand le sel de la sagesse évangélique qui doit garder les autres de la corruption vientlui-méme à s'affadir, alors Yoris le verrlez.plus passionné pour les biens
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visibles, que le mondain liii-nicniu, plus ar- . dent pour le.saccpiénr, plus consterne si on ,J[es lui ravit j plus trauspoi lé s'il les retrouve. Tons le verriez oubliant les liantes pensées de la foi pour n'eu plus connaître d'aiiire que celles des en^'anls du siècle, les suivre dans ; fleurs combinaisons et leurs calcuisjleseucoulager dans leurs spéculations, burenvier la somptuosité de leur table, la iiiai;nifîceuce <ie leurs palais^ et si quelquefois il iaiit qu'il Jiarle des nobles vérités que l'iivanijile apprit à la terre, du mépris de l'ur, des peines (lel'exil, des biens de la patiie,c'esluh tribut ■que ce cœur double pa>e aux. seules bienséances de son ministère j c'est uu langage, de convention et il'apparcil qu'il ne fait entendre que dans la chaire chrétienne ou le sacre tribunal , mais que ses affections désavouent ei que sa conduite dément.
Non f ce n'est pas lui qui connaît les saintes anxiétés du zèle, ses joies, ses alarmes . et ses douleurs. Ce n'est pas lui que cousterne l'éloignement d'une brebis qui s'égare, que remplit de joie son retour, qui compatit aux maux de la religion, qui travaille au seul espoir de ses conquêtes et de sa gloire. Tout entier enfoncé dans l'amour des choses .sensibles, les intérêts grossiers du siècle sont
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les seuls qui le touchent, les seuls qui excitent son ambition , réveillent ses craintes , allument son ardeur. Aussi c'est lui que lejî mondains choisissent avec confiance pour traiter de leurs affaires , applanir les diflicultés d'une négociation, assurer à leiirs entreprises un prompt et heureux succès. Yous le voyez devenir leur confident , leur ami, le gérant , je dirais presque l'économe de leur fortune et de leurs biens. Tantôt il s'euiouce pour eux dans le dédale d'un procès, en débrouille les actes, assiège le Palai#;, sollicite les juges, assure peut-être à des titres équivoques un scandaleux triomphe. Tantôt c'est un vasle domaine qu'il s'agit d'acquérir, c'est lui qui eu mesure l'étendue, en calcule les profits, et ce n'est que sur sou conseil que se prend enfin un parti décisifj d'autres fois c'est un concurrent que sou adresse écarte , d'autres fois c'est uni établissement que ménage son habileté^d'au-j très fois enfin ce sont des spéculations poqi assurer suria ruine publique une honteuse opulence. Voilà les soins qui remplissent la, vie de cet homme de Dieu dont la conversation doit être dans le ciel, de ce disciple d'un maître dont la naissance et la mort prêchent si haut le détachement; enfin, de ce!
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prédicateur d'un Evaugile qui n'a que de* menaces pour la richesse et des espérauces pour la pauvreté.
Mais jamais le détachement des biens terrestres ne doit se montrer dans un prêtrf avec plus d'éclat qfïe dans l'exercice de ses fonctions. Qu'est-ce qu'un prêtre remplissant au milieu- des peuple» son auguste et divin emploi? C'est un homme étranger au siècle, qui en a brisé tous les liens, qui a dit à son père: Je ne vous couuais pas! à ses frères : Vous m'êtes étrangers! et à qui chaque jour la couleur funèbre de son vêtement rappelle toute seule cette mort de tous les moments à laquelle il s'est condamné, Mortui estis et pita vestra est ahscondita cum Christo in Deo. C'est un homme qui se montre digne de la couronne dont la religion orne sa tète, en triomphant de ses passions et regardant de haut les grossiers intérêts des enfants du siècle et leurs basses inclinations} ou plutôt, c'est un envoyé céleste que Dieu charge de répandre sur la terre ses grâces et ses dons, et qui, loin d'envieraux mondains des trésors périssables , semble, comme l'ange de Tobie, ne recevoir les offrandes de la piété même que par condescendance, et se nourrir en secret d'une nour-
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riture invisible , la seisîc qui remplisse et conlenlc son cœur. Videham pobiscufri maiidacare ci hihere : sed f<j>o cîho invisihili utor. Grâces on soient rendues à la îjonlé divine el même à nos nialheiu^ î Ils ont fui sans rclourdevant ki pauvreté de l'église gallicane, tous ces mercenaires qvii, durant les jours de son opulence, déshonoraient le sanctuaire par leurs basses intrigueset leur insatiable cupidité, tous ces liommes dont i'apôlre saint Paul a tracé le portrait par avance. Imposteurs qui cacbaient sous le masque de la piété leur avidité honteuse, autorisaienllcs désord reseï se faisaient pave i le prix de leurs molles décisions et de leur coupable indulgence. Hahentes specieni (jui~ dent piefatis, inrtutcîn autem e/us ahncgantes. On n'entend plus parler à la honte du sanctuaire, de ces fortunes subites dont on rougirait d'assigner l'origine. Non, nous n'avons plus de tels maux à déplorcrjetle tourbillonquia menacénotrc Eglise d'une luinc entière cl dissipé ses richesses, ses ornements, en a du moins emporté pour jamais ces iudigniT^és et ces bassesses, /'t'nîentihus iitfurho ad dispergeiidum nie. Tous ces prêtres vénérables autrefois entourés d'éclat et d'opulence et qui ne sont pauvres au-
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iourc|||hui que pour avoir été fidèlesj ces jeunes miuistres qui, comme les deux disciples dont parle salut Jean, oui vu la demeure de Jésus-Christ dépouillée et dans l'indigoncc, et n'ont pas refusé d'v rester avec lui: Vide- Tiint ubi nianeret et manserunt ibi; ions ces hommes si désintéressés , si généreux , si nobles, peuvent avec l'apôtre se glorifier de connaître la faim, la soif, les privations les plus rigoureuses. Esur'mius etsitirnus etnudl .sumus. Tons conmie lui peuvent dire à leurs peuples avec une sainte assurance : ce ne sont pas vos biens que nous dcvsirons ? c'est vous qu'il nous faut, c'est votre salut qui fait le seul objet de notre ambition et de nos désirs. Non (juœro (juœ oestra sitnt ; sed vos.
Cependant l'amour des biens terrestres qui semble banni pour jamais du sanctuaire, ne parvient-il point à s'v ménager encore un asile et à s'y cacher quelquefois: N'esl-il pas jusque dans la maison de Dieu nn lieu secret et écarté, où parmi les apprèis des fonctions les plus augustes, on peut quelquefois rencontrer les preuves d'une scuutlaleuse cupidité? Oui, c'est là que trop souvent l'on voit l'intérêt se livrer aux combinaisons et aux calculs, exagérer ses dépenses, grossir ses sacrifices, appeler enfiu à sou se-
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cours les artifices d'une honteuse industrie. C'est là que l'on entend les joies pour un profit et les regrets pour une perle, les explications de celui qui exige et les réclamations de celui qui paye, les gémissements du pauvre qui se croit opprimé et l'indignation du riche qui dédaigne de réclamer.
Oui j pasteurs vénérables, vous, les glorieux soutiens de cette illustre Eglise, ilfautenfin vous les dénoncer ces abus qui fournissent si souvent à la piété de trop justes sujets de larmes, à l'incrédulité la matière de ses invectives et de ses dérisions, et qui prépareraient enfin à la religion une ruine inévitable. Oui, tandis que le z.èle du salut des âmes vous dévore et que vous succombez sous le poids de vos innombrables sollicitudes, tandis que, comme les apôtres, vous renvoyez à des intérieurs les soins temporels pour vous livrer plus librement à la prière et au ministère de la sainte parole , nos i>ero orationi et ininisîerio çterhi instantes ermius^ d'autres chargés de votre confiance^ aveuglés par l'amour de l'or, ou plutôt trompés par un taux zèle pour vos intérêts, compromettent votre renommée, excitent contre vous les soulèvements et les murmujes, et préparent à votre nom, à vos services, à vos vertus, la honte de se
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voir flétris un jour par celle tache ineffaçable d'une indigne cupidité. Pasteurs vénérables,descendez quelquefois des hauteurs de votre ministère, oubliez s'il le faut le soin même des âmes, et ne craignez pas de vous abaisser à des détails qui intéressent de si près votre gloire et votre dignité; demandez à ceux à qui vous confiez le soin temporel de vos églises, demandez-leur compte de leur administration, sachez de quelle source découle cet argent qu'ils ont réuni, et si à leur réponse vous sentez votre conscience réclamer et rougir votre délicatesse, repoussez de pareilles offrandes avec indignation et dites-leur, comme celui qui vous sert toujours de modèle : Emportez d'ici cet argent et ne faites plus de la maison de mon père la maison d'un infâme trafic.
Auferte ista hinc et nolite facere domum patris mei domum negoHationis ,