‹ Œuvres de M. Borderies, évêque de VersaillesChapitre 5 sur 57 · SIR LA GRANDEUR DES SAI^"TS · texte numérisé non relu

SIR LA GRANDEUR DES SAI^"TS

sont sur la terre au milieu de nous, leurs prières sont notre recours , et quand ils sont une fois dans le Ciel, nous n'attendrions rien de leur puissance ? Sur la lerre les Saints suspendoient les lois de la nature, ou les renversoient à leur gré j dans le Ciel ils auroient perdu leur empire? Sur la terre l'ombre de Pierre guérissoit les malades ; ils invoqueroienten vain son appui quand il est dans l'éclat de sa gloire? Sur la terre , Paul étoit mortel et coramaudoit à la mort; et elle refuseroit de lui obéir maintenant qu'il est pour jamais affranchi de sa cruelle loi? Ah! Chrétiens, que la Religion nous apprend éloquemment à repousser ces insoutenables et désolantes doctrines. Voyez- là , <lcs sa naissance au milieu de l'horreur des persécutions et dans l'obscurité de ses catacombes élever ses premiers autels sur le tombeau de ses défenseurs , et montrer sa confiance dans le pouvoir des Saints en faisant ainsi comme monter ensemble vers le trône de Dieu , les mérites de la mort du Sauveur, et le cri du sang de ses martyrs. Vovez-la dans. des jours plus sereins élevant de toutes parts eu l'honneur des Saints d'augustes Basiliques, y rassembler à grands cris le nombreux concoui's de ses enfants, et

suspendre chaque jour à ces antiques voûtes de nouveaux monuments de la puissance des Saints, et de la reconnoissance des peuples. C'est là que s'offrent à chaque pas , du crédit des Saints les plus glorieux souvenirs. Que de complots étouffés ! que de craintes bannies ! que de fléaux dissipés ! ■c'est là que ne furent point vaines les prières du laboureur pour sa moisson; du pauvre opprimé pour son modeste héritage ; de la jeune épouse pour son époux; de la mère enfin pour son fds , enveloppé déjà des ombres de la mort ; c'est là que les maîtres du monde apprirent plus d'une fois à porter la prudence dans les conseils , la constance dans l'adversité , l'intrépidité dans les périls : c'est là que jadis nos pieux monarques alloient chercher l'étendard redoutable des combats, et se précipitant sur l'ennemi en invoquant l'Apôtre de la France , perpétuoient parmi leurs guerriers la confiance au pouvoir des Saints avec l'héritage de la valeur.

Mais les Saints si grands aux yeux de la Religion par l'èiendue de leur pouvoir, le sont aussi par l'éclat de leurs vertus.

Quelle douceur pour un Chrétien instruit de sa foi et qui en a médité les preu-

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