‹ Œuvres de M. Borderies, évêque de VersaillesChapitre 6 sur 57 · SUR LA GRANDELR DES SAINTS · texte numérisé non relu

SUR LA GRANDELR DES SAINTS

ves , de contempler la gloire qui de toules parts environue la Religion! Les prédictions qni durant tant de siècles l'annoncent à 1« terre j les bienfaits qui à sa venue justifient la longue impatience de l'univers; la nuit de l'idolâtrie chassée par sa lumière; les temples des Dieux s'écroulant à sa voix; les philosophes devenus ses adorateurs, et les rois ses tributaires; enfin la sublimité de ses enseignements, la sagesse de ses lois , la puissance de ses consolations , tout montre au Chrétien , dans sa Religion, la noble fille du Ciel , organe des oracles de Dieu , et dépositaire de son pouvoir. Cependant les Saints, qu'elle a nourris du lait de sa doctrine , et dirigés de ses conseils , lui assurent, par leurs vertus, une gloire plus frappante pour tous les regards. Il n'est point de nuages que les vertus des Saints ne dissipent par leur éclat ; il n'est point d'objections auxquelles les vertus des Saints ne répondent. Que pouvez-vous en effetobject«r à la Religion f quoi ? l'obscurité d» ses dofi« mes ? Il est vrai , ses dogmes indignent l'orgueil , mais les vertus des Saints gagnent le cœur; elles finissent même par subjuguer la raison. Les objections soni bientôt épuisées contre une doctrine dont les disciples «e

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font chérir. Quoi ! la tristesse et l'austéi-iié de sa morale ? Mais les vertus des Saints dissipent bientôt ces préjugés injustes. Comment ne pas deviner l'indulgence réelle de la Religion et les douceurs secrètes qu'elle prépare à ses amis , quand les Saints , si fidèles à pratiquer ses lois, découvrent le calme divin dont leur àme est remplie, par la sérénité qui embellit leur front? Quoi ! la contrainte imposée aux passions ? mais il faut que les passions se taisent devant les vertus des Saints, et qu'on voie tomber les emportements de la vengeance devant leur patience invincible 5 l'amour de l'or , devant leur héroïque pauvreté ; la fuieur pour de honteux plaisirs , devant leur céleste pudeur. Aussi, voyez les Saints, à la naissance du christianisme : par leurs vertus seules, ils confondent les sophistes, ils troublent leurs ennemis , ils attendrissent leurs bourreaux ; par leurs vertus seules , ils montrent la divinité de la Religion , et parlent, en sa faveur, un langage qui n'a pas moins de puissance sur les cœurs que la parole même de Dieu. Ah! c'est qu'il n'appartenoit en effet qu'à une Religion divine de former les vertus des Saints ; seule elle pouvoit offrir à la terre , au milieu de

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