A MM. LES CURÉS DE SON DIOCÈSE
Pour ordonner des Quêtes en faveur de ses Séminaires et des Prêtres âgés ou infirmes de son Diocèse.
Versailles, le 27 novembre 1829*
Monsieur le Curé,
Quand je vous rappelle Ions les ans les besoins de mes Séminaires, voire zèlo s'enilamme à ce seul souvenir. Un bon préire, eu effet , peul-il ne point faire de cet intérêt l'objet de ses plus constantes solliciiudes , et son amour pour la Reliipon lui permcllrat-ildemetirc jamais en oubli ceux qui doivent en être à leur tour les Apôtres et les soutiens? S'il est sur le déclin de l'âge, et qu'il
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louche à la fin de Svi course , c'esi avec une douce consolalion , il est vrai, qu'il s'avance vers le lernie de ses iravaux et de sou exil, et voit s'ouvrir devant lui les portes de la bienlieureusc pairie; mais c'est aussi avec une douleur secrète qu'il envisage comme prochaine l'heure qui doit l'arracher an troupeau que lui avoit commis la bonté dn Souverain Pasleur , et le séparer pour jamais de ceux que, depuis de longues années, sou caractère sacré, ses cheveux blancs et sa tendresse lui donnoient le droit d'appeler ses Enfants. Qui prendra soin de cette famille si chère ? Qui fermera les yeux aux vieillards qu'il va précéder dans la tombe ? Qui mettra désormais en garde contre les sophismes de l'impiété et les prestiges des passions, cette jeunesse dont la bouillante ardeur lui donnoit tant d'alarmes? Et cette enfance surtout, objet si doux de sa sollicitude, qui lui rompra le palu de la Sainte Parole? Qui dirigera ses premiers pas dans la route de la venu ? Tant d'inquiétude ne peut se calmer, m tant d'amertume s'adoucir que lorsqu'il tourne ses regards vers le modeste séjour où, séparés du siècle et cachés à l'ombre du Sanctuaire, de jeunes Lévites s'exercent aux travaux de la sainte
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milice, et préparenl à la E.e]igion des soldais pour la défendre et des amis pour la faire <;iiérir. A celle pensée sa douleur s'apaise, son espoir renaît et sa f(.'rveur s'allume pour réclamer à tirands cns des secours et des appuis en faveur de cette Sainte Ecole où se forme, pour son troupeau, sous l'œil de la Providence, l'héritier de sa doctiine, de son zèle et de son amour.
Mais surtout, si c'est un jeune Pasteur arraché récemment au saint ajiprenlissagc des vertus sacerdotales, et rpae cette pieuse retraite a vu, durant de longues années , s'élever par degrés à la dignité sublime qui fat si justement l'objet tout à la fois de ses craintes et de ses désirs ; quels sentiments le seul nom de Séminaire ne réveille- t-il pas dans son âme, quelle reconnoissance et qiuds louchants souvenirs! Onbliera-l-il jamais cet humble et saint asile où la Religion cclaira son esprit des plus vives lumières, ouvrit son cœur aux célestes impressions de la piété, et répandit sur dvs éludes arides cl sérieuses un charme et des douceurs dont elle a seule le secrei?Oubliera-t-il ces maîtres vénérables dont les exemples lui picchoient la vertu encore plus haul que leurs leçons, cl près desquels il trouva lani de fois, dans
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SCS flégoûls , ilans ses foiblcsscs , et peut-être ilans son ilénncnicnt, et ses l)esoJrjs, les cncourngcMiumts , la comîîiiséralion , enfin les soliiciindes et jnsqn'anx délical esses d'un anioui; presque maletnel? Qui compatira T)lns vivement que lui aux piivaiionsde nos Séminaires? Qni parlera ponr eux ini langage plus lonclianl et plus tendre? Si son cœur ponvoit mettre en oubli un intérêt si clier, il s'accuseroit de la plus noire ingratitude 5 il condamneroit sa langue à se glacer ihiViS son palais, si elle devoit refnser de plaider celte noble cause, et sa droite à se dessécher, si jamais il ponvoit rougir de la lendre en faveur des jeunes frères dont il a connu et partagé, peut-être, la détresse et les besoins.
Je puis donc encore, cette année, tout ïitlendre du succès de tant de zèle et de charité, et concevoir potir mes Séminaires les plus consolantes espérances. Mais parlez, ïiussi, M. le Curé, en faveur de ces Prêtres vénérables qui, api es avoir parcouru au milieu de nos agitations et de nos orages, une honorable mais péniblecarrière, succombent maintenant sous le poids des travaux et des ans, et ne peuvent désormais servir la Religion que par leurs prières et leurs soupirs.
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Parlez en leur iaveur, vous ne trouverez point d'oreilles sourdes à vos prières. Car, où est le eœur assez insensible pour n'être pas attendri à la vue de la vieillesse et du malheur? ou plutôt que ces deux intcréls se confondent dans votre cœtir, et faites retentir vos temples du cri de nos besoins j visitez avec confiance .ceux de vos Paroissiens dont la foi vous est connue et dont la piélé vous console; frappez même à la porte de ces Chrétiens que dessèche une funesie indifférence; enfin, pénétrez jusque dans ces demeures où se cache loin de vos regards une froide incrédulité. Dieu répandra peut éire sur cette démarche courageuse des bénédictions inespérées, ou du moins il vous tiendra compte de votre persévérance et de vos efforts. Je sais ce qu'il en coûte pour affronter les dédains et quelquefois même les outrages; mais songeons que c'est le flambeau de l'Évangile qu'il s'agit de ne pas laisser éteindre; que c'est le Sacerdoce dont il faut prévenir la ruine, et qu'enfin, les Confesseurs de la foi, dont nous sommes appelés à retracer les exemples, ont offert, dans les premiers siècles, à la Religion, uu sacrifice tout autrement pénible que celui de letirs dégoûts et de letirs répugnances.
DE McR. L'ÉYÈQUE DE VERSAILLES,
A l'occasion