QUI ORDONNE DES PRIÈRES PUBLIQUES
Pour demander à Dieu la prospérité des armes du Roi.
Etienne- JEAN-FRANÇOIS BORDERIES , par Li miséricorde Divine et par la grâce du Saiut-Sit'ge Apostolique, Eveque de Yersailles, premier Aumônier de S. A. R. Madame la DAUPHiNE, au clergé et aux fidèles de notre diocèse , salut et bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ce n'est qu'avec une émotion profonde et de vives alarmes, N. T. C. F., que la Religion voit se déployer le formidable appareil de la guerre et qu'elle entend retentir le signal des combats j car les enfants de la patrie sont aussi ses enfants j et si elle applaudit aux sacrifices où. les entraîne la valeur , elle tremble toutefois à la pensée des ianom-
brables pciils qni menacent , au milien de tant de hasards , leur éiernelle desiinée. Mais, dans cette nécessité cruelle de voir couler le sans; et fondre sur de vastes coutrées toutes les calamités à la fois , si janjais de consolantes pensées ont pu tempérer sa douleur et calmer les anxiétés de sa tendresse, c'est lorsque de vaillants guerriers s'arment pour défendre ses plus chers inlérèts, et venger enfin les disciples de l'Evangile des mépris d'une ignorance slupide , ou les arracher aux horreurs du plus barbare comme du plus humiliant esclavage. Il étoit digne du Fils aîné de l'Eglise , de ce prince qu'embeilisseiutantde grâces et qu'ennoblissent tant de vertus, de prendre eu main cette cause sacrée ; et , après tant de siècles d*uD asservissement honteux et d'une indignation impuissante, de pénétrer dans ces reîraiîes du brigandage, d'en fouler aux pieds l'insolente domination, d'assurer enfin à l'univers chrétien son affranchissement. Déjà son noble Fils, par sa seule présence, a rendu plus vive encore l'ardeur denosgricr-riersj et son amour si tendre pour les soldats, sou langage si plein de franchise, son intrépidité si bien peinte dans ses regards, ont fait passer dans tous les cœurs la vail-
ET LETTRES PASTORALES. /^o5
lance dont son àmc est remplie. Tout présage donc à nos armes, les succès les plus glorieux. Mais, c'est plus liant qu'il faut placer nos espérances j c'est Dieu qui seul lient nos destinées dans ses mainsj et ce n'est que lui qui peut fixer sous nos drapeaux la vicioire. Offrons-lui donc, N. T. C. F., nos Immbles supplications j rappelons-lui que c'est sa cause moins encore que la noire qu'il s'agit de soutenir^ effaçons par nos prières et notre repentir, le souvenir de nos in fidélités, de nos révoltes et de nos outrages; et qu'il reconnoisse encore le Royaume irèschréLien à la vivacité de noire foi et à l'ardeur de nossou[)irs. Alors il enchaînera les orages, il calmera la fureur des flots^ il dispersera nos ennemis comme la poussière; et nos soldais, vainqueurs de ces hordes barbares, nous assureront de nouveaux litres à l'amour de la Religion et à la reconnoissauce de l'univers.