SUR LA GRAÎÎDEUR DES SAINTS
lanide corruption, ces miracles de tempérance et de chasteté j au milieu de tant d'égoïsnie , ces miracles de grandeur d'àme et de générosité j avi milieu de tant de férocité , ces miracles de sensibilité et de bienfaisance.
Que dis-je ! les prodiges surnaturels, les miracles qui environnèrent de tant de gloire le berceau de la Religion , et qui , dans la suite des siècles , attestèrent tant de fois son pouvoir , ne lui attirèrent pas plus d'admiration et d'hommages que n'ont fait les vertus des Saints : autres miracles , moins frappants au premier aspect, mais qui font sur les âmes une impression plus durable et plus sûre. Comparez, eu effet, les premiers miracles aux seconds , et établissez la différence. Les premiers portent, il est vrai , la conviction dans l'esprit j mais ils éblouissent les regards , ils confondent la raison, ils ne jettent qu'un éclat passager. Les seconds demeurent, pour ainsi parler, fixes et immobiles ; l'œil peut les contempler à loisir; ils remuent les âmes , ils y excitent une émulation sainte , ilsentraîneni la volonté. Les premiers n'ont qu'un petit coin de terre pour théâtre; les seconds sont offerts en spectacle à l'imivers
Avent. a
eiilier. Là on guérit, il est vrai, les malades , on rappelle les morts à la vie j mais ici on guérit les plaies de l'âme, on l'arrache à une mort plus cruelle que celle qui donne tant d'effroi , à une corruption plus profonde que celle du tombeau. Là on redresse les boiteux , on rend la lumière aux aveugles j mais ici on dissipe les ténèbres de l'erreur , on soutient les cœurs chancelants et foibles dans la roule de la vertu. Là on apaise les flots agités; mais ici on fait snccéder aux orages des passions le calme de l'innocence. Enfin, c'est là que la Religion, il est vrai, enlève notre étQnnement ; mais c'est ici qu'elle captive notre amour.
Enfin, la Religion, après avoir admiré dans les Saints l'éclat de leurs vertus et l'étendue de leur pouvoir, n'admire pas moins la grandeur du courage qu'ils ont déployé pour sa défense.
Ne devroit-il pas suffire à la Religion de sa majesté et de ses bienfaits pour la défendre? et faut-il que cette noble Etrangère rencontre si souvent sur son passage , au lieu des acclamations et des chants de triomphe, des insultes et des cris de fureur ; au lieu dç sujets fidèles et soumis , des enfants dénaturés et des ennemis achar-