SUR LA GRANDEUR DES SAINTS
nés à sa ruine ? mais , du moius , de vaillants soldats lui servent de cortège , et , de siècle en siècle, lesSainls veillent à ses côtés, repoussent de sacrilèges assauts, et maintiennent l'honneur des divines promesses.
La Religion trouve toujours , dans les Saints, des soutiens inébranlables, des vengeurs intrépides, d'insurmontables remparts. Points d'assauts si violents qu'ils ne repoussent , point de haine si ardente qu'ils n'éteignent, point de fierté si haute qu'ils ne contraignent de plier.
Si un ministre furieux veut faire triompher l'hérésie de son maître par les menaces et les terreurs, la Religion aura ses Basile, et l'on sauraquel langage la fermeté place sur les lèvres d'un véritable Evéque. Si un prince vertueux, mais bouillant, plonge par \\n accès de colère une ville immense dans le deuil, et que les flatteurs se taisent, la Religion aura ses Ambroise, et les oreilles du maître du monde entendront la vérité, et ses yeux apprendront à verser les larmes du repentir. Si, après avoir désolé la terre par les meurtres et les ravages , un conquérant farouche s'apprête à remplir de ruines et de sang la cité dés Saints , et que les empereurs tremblants
fuient, eux-mêmes, à son aspect, la Religion aura ses Léon, pour affronter sans pâlir cet homme, le Fléau de Dieu, et les paroles de la menace viendront expirer sur ses lèvres , et les flots de l'orgueil se briser aux pieds d'un pontife désarmé, et devant la majesté inattendue de ses regards.
Mais peut-on essayer de parcourir les annales des Saints , pour raconter les traits innombrables de leur courage? Remontons plutôt à la naissance de la Religion et jugeons quel héroïsme les Saints dans tous les siècles ont déployé pour elle, en voyant par quelle valeur invincible ils ont protégé son berceau. Quel noir orage se forme loutà-coup, et s'apprête à fondre sur la Religion ! quels sont de toutes parts contre elle ces cris de rage , ces imprécations , et ces fureurs ! Du haut du Capilole , le signal de sa persécution s'est fait entendre, et d'un bout de l'Empire à l'autre^ le paganisme rugit au seul nom de TÏhrétien. L'injustice dresse ses tribunaux, la cruauté prépare ses supplices. Pour le Chrétien, plus de reconnoissance , plus d'amitié, plus de souvenir des affections les plus douces , et des noms les plus chers. Le juge voit à son tri- \^\md\ le ïuaître traîné par l'esclave, le