DES ÉLÈVES
Les élèves seront envoyés dans le collège de leur arrondissement, et cette condition sera d'absolue nécessité. Il ne peut y avoir de motif au déplacement, et il y en a mille contre le déplacement.
Il n'y a nul motif au déplacement, puisque la plus entière^ la plus constante uniformité doit régner dans tous les collèges. On doit excepter le seul cas où il serait reconnu et constaté que la santé d'un enfant exigerait une température différente de celle de son collège naturel.
Il y a des raisons contre le déplacement, car, 1° puisque les collèges seraient placés dans l'Etat, relativement au nombre des sujets que chaque arrondissement devrait ou pourrait fournir, eu égard à sa population, ce serait déranger cette proportion, que d'envoyer dans un collège des enfants qui appartiennent à un autre.
2° L'Etat serait exposé à voir un collège regorger de sujets, et un autre à ne pas en avoir assez, parce qu'il n'y a rien de plus commun chez les parents qu'un engouement sans raison pour un collège, ou une prévention sans motif contre un autre. Les gens peu instruits jugent du mérite des collèges par les talents des sujets qui en sortent, comme si l'éducation pouvait donner des talents à teux à qui la nature les a refusés, ou les ôter à ceux à qui la nature les a donnés.
2° L'éducation qui réunit les enfants dune même contrée,