‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 3)Chapitre 118 sur 144 · DES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

DES ÉLÈVES

fortifie les liens puissants et précieux de parenté, d'amitié, de voisinage, de patrie commune ; elle dispose les familles à se lier par les sentiments, à s'entr'aider par les services, à s'unir même par les alliances, et la société réunit aussi ceux que la naissance a déjà rapprochés.

4° La proximité des familles permettra aux maîtres d'employer sur les enfants, comme un motif d'encouragement ou de répression, le désir d'être agréables à leurs parents, ou la crainte de leur déplaire : motif sans force, lorsque les parents sont trop éloignés, mais motif que l'éducation doit employer préférablement à tout autre; car il faut que l'État reporte l'homme vers la famille, et que la famille le rende à l'État.

D'ailleurs, hors le cas de maladie grave, les parents ne pourraient voir leurs enfants qu'un nombre de fois déterminé dans l'année, à moins que le supérieur ne jugeât leur présence nécessaire. Toute communication hors des communications ordinaires, tout envoi d'argent ou de comestibles serait sévèrement interdit; les parents mêmes ne pourraient faire venir l'enfant chez eux, et un enfant ne sortirait du collège que pour n'y plus rentrer. Je n'ai pas besoin de dire que la plus rigoureuse égalité régnerait entre les enfants, et qu'on bannirait avec soin des maisons d'éducation le luxe des précepteurs particuliers, et l'abus des valets de chambre.

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