ENTRETIEN, INSTRUCTION
L'auteur s'est interdit les détails. L'administration trouverait dans des mémoires particuliers, et même dans quelques ouvrages publiés depuis longtemps, les vues les plus saines sur tout ce qui a rapport à l'entretien physique des enfants, et qui comprend le logement, le vêtement, la nourriture, les exercices du corps, les jeux, etc.
Il faut, avant d'aller plus loin, convenir que l'objet de l'éducation publique et commune est moins de former des hommes publics, que des hommes capables de le devenir. Ainsi l'éducation publique ouvrit l'esprit plutôt qu'elle ne le cultive, et exerce les forces du corps plus qu'elle ne règle leur action. Les enfants y apprennent la morale, et non la théologie, l'histoire plutôt que la politique, à courir, à sauter, et non à monter à cheval et à tirer des armes.
Peu d'hommes naissent avec une disposition particulière et déterminée à un seul objet qu'on appelle talent, bienfait de la nature, si des circonstances favorables en secondent le développement, en permettent l'emploi ; malheur réel, tourment de l'homme, si elles le contrarient. Quoi qu'il en soit, l'éducation doit développer le talent, qui est l'aptitude à faire une chose, ou donner à l'homme des dispositions générales à faire indifféremment plusieurs choses.
Les arts frivoles font perdre aux enfants beaucoup de temps, s'ils les apprennent sans un goût décidé, et aux hommes une