CHANGEMENTS SURVENUS DANS LES PROPRIETES
J'ai remarqué ailleurs que partout où il y a une société, un pouvoir, des ministres, il faut des propriétés en fruits ou en fonds, pour la subsistance des uns et des autres. Dans une société naissante ou sauvage, le chef fait et reçoit des présents en comestibles. Chez les Germains, plus avancés, le chef recevait de ses ministres, et leur faisait à son tour des présents en chevaux, en armes, en meubles précieux, et il en était encore de même sous la seconde race de nos rois. Chez les sauvages, la subsistance était précaire comme, la société. Chez les Germains, elle était fondée sur des propriétés mo biliaires, parce que leur société, naguère nomade, était encore dans un état de mobilité : mais lorsqu'elle fut parvenue, par son établissement dans les Gaules, à son dernier état, à l'étal lixc et propriétaire, le pouvoir et ses ministres acquirent des propriétés foncières et fixes, aussi possédées en nature de fonds, ou représentées par la propriété des fruits, appelée dime ou champart. Tel était le dernier étal, en sorte que le grand principe de toute société avait été consacré en France : savoir, que pour constituer le corps social, les pouvoirs des trois sociétés, domestique, religieuse et politique, propriétaires indivis du sol et de ses fruits, passent entre eux tous un contrat lacite, mais véritablement social, par lequel la famille s'engage à servir l'Église et l'État de ses personnes et de ses propriétés: et l'Église et l'Etat, formant la société publique, s'engagent