‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 3)Chapitre 68 sur 144 · PROMOTION DES FAMILLES AU MINISTÈRE POLITIQUE · texte numérisé non relu

PROMOTION DES FAMILLES AU MINISTÈRE POLITIQUE

Il est nécessaire, avant d'aller plus avant, de considérer la manière dont l'ordre chargé du ministère politique se recrutait, à mesure que les familles qui le composaient venaient à s'éteindre.

Il faut d'abord reconnaître qu'il y a dans toute société des hommes qui jugent et qui combattent, ministres ou serviteurs de la société, fonctionnaires publics, nobles ou notables, c'est-à-dire distingués de ceux qui n'exercent pas les mêmes fonctions.

Chez les sauvages, les vieillards qui jugent et les jeunes hommes qui combattent, exercent une fonction distinguée; ils sont les nobles de ces sociétés nai>santes. Aussi, chez ces peuples enfants, l'homme qui ne peut plus combattre se regarde comme dégradé, et même dans quelques peuplades sauvages, on tue les vieillards parvenus à l'extrême caducité, et devenus inhabiles à toute fonction. 3Iais dans cet état de société, s'il y a des ministres ou serviteurs, il n'y a pas de ministère permanent ou de corps public, parce que les familles, n'étant elles-mêmes réunies que momentanément pour combattre les hommes ou les animaux, ne forment pas habituellement de société publique ou de corps de nations, et que les ministres j sont passagers comme le pouvoir,

Mais à mesure que les familles se multiplient et se rapprochent, les passions fermentent davantage par le contact plus fréquent et plus intime des individus, et le besoin de frein,

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