‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 31 sur 79 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

toute vertu, amour parfait de Dieu et de l'homme, ordre parfait ou civilisation consommée dans la société chrétienne, qui a une connaissance pleine et entière du médiateur venu (a).

Ainsi, il y a eu oubli de Dieu et oppression de l'homme, partout où il y a eu ignorance du médiateur entre l'homme et Dieu.

Pour résumer en peu de mots la série des propositions énoncées dans les chapitres précédents, qu'en peut regarder comme une introduction à toute science morale :

1° La raison est une pensée conforme à la vérité; la vertu est une action conforme à la raison.

2" La vérité est la science des êtres et de leurs rapports.

3° La généralité des êtres est comprise sous ces expressions abstraites [b] cause, moyen, effet, hors desquelles nul être n'est ni ne peut être, puisque ces expressions comprennent tous les états même possibles de l'être, et que la pensée ne peut en idéer ou en concevoir d'autres.

4" Si les états possibles de l'être sont tous compris sous ces trois expressions, cause, moyen, effet, les rapjwrts des êtres entre eux sont tous compris dans cq,\Xq proportion continue : La cause est au moyen ce que le moyen est à l'effet, ou, l'effet est au moyen ce que le moyen est à la cause ; ce qui veut dire que la cause agit sur le moyen pour le déterminer, comme le moyen agit sur Ve/fit pour le produire (c). Ainsi le chef commande à ses officiers, et les officiers aux sujets. Ainsi le père a autorité sur la mère, et la mère sur lenfant, etc., etc.

5" Donc il n'y a de vérité, qui est la connaissance des êtres et de leurs rapports; de raison, qui est connaissance de la vérité; ds vertu, qui est conformité des volontés etdesaclions à la raison; de civilisation enfin, qui est raison et vertu dans la

société, que là où les termes de la proportion et la proportion elle-même ont été connus [d).

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