‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 52 sur 79 · DE LA LOI GÉNÉRALE, PRIMITIVE ET FONDAMENTALE · texte numérisé non relu

DE LA LOI GÉNÉRALE, PRIMITIVE ET FONDAMENTALE

Je répète pour la dernière Tois des principes dont il est important de suivre l'enchaînement.

1° L'ordre de la société est l'ensemble des rapports, vrais ou naturels, qui existent entre les êtres moraux, c'est-à-dire, entre les personnes de la société (a).

2° La science des êtres de la société et de leurs rapports naturels est la vérité morale ou sociale. La connaissance de la vérité morale forme la raison; la raison est la perfection de la volonté; la volonté est la détermination de la pensée; la pensée n'est connue de l'homme que par son expression.

3° Ainsi l'homme privé d'expression eût été privé de pensée, de volonté, de raison, de connaissance de la vérité ; il eût vécu dans l'ignorance des personnes et de leurs rapports, étranger à toute société (6).

Pensée, connaissance de la vérité, science des êtres, raison.

société eiilin, tout naquit pour l'homme, comme tout naît encore pour lui avec l'expression des idées ou la parole : voix puissante, qui tire du néant le monde de l'intelligence, et qui tait luire au milieu des ténèbres cette lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde; car il ne viendrait pas dans ce monde, et il serait hors de la société l'être malheureux qui naîtrait privé des sens de la vue et de l'ouïe, par lesquels l'homme participe au bienfait de cette lumière en acquérant I expression de ses pensées, et dont l'intelligence solitaire serait condamnée à une éternelle viduité [c).

Mais la parole ne peut être venue à l'homme que par Iransmisson ou révélation : donc la science des personnes et de leurs rapports lui ej-t venue, comme nous l'avons fait voir, par vQie d'autorité.

lY.

La connaissance des rapports vrais des êtres, révélée ou transmise par l'autorité, s'appelle loi, de légère, lire, parce que cette transmission, faite d'abord avec la parole à la première société domestique, a plus tard été fixée par l'écriture pour la première société publique [d],

La nécessité de l'écriture, qui fixe et étend la parole, est évidente [e], puisque nulles autres sociétés au monde n'ont retenu toute la loi orale, que celles qui ont connu la loi écrite ifj.

Cette loi, transmise à l'homme au moyen de la parole, fixée au moyen de l'écriture, t/f par l'autorité de l'Être tout-puissant

UVBE II. 357

et tout sage souverain de la société, cette loi est vraie, naturelle, parfaite comme son auteur. Or, la perfection étant la fin <les êtres, l'état auquel ils tendent invinciblement et le seul par <onséquent où ils puissent trouver le repos et la stabilité, nous devons trouver la connaissance entière et l'ÉCRmiRE de cette loi (s'il existe une loi semblable) dans les sociétés les plus stables et les plus fortes.

Page 1