‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 71 sur 79 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tiques ou publiques : d'un pouvoir, émané de la souveraineté de Dieu; d'une autorité subordonnée ou d'un ministère par le moyen de qui le pouvoir, dans la famille, reproduit et conserve l'individu, et dans l'État, conserve et même multiplie et fait prospérer les familles; enfin d'un sujet qui, dans la famille et dans l'Etat, est conservé par le pouvoir [a).

Ces deux états, domestique ou public, de société ont une administration semblable, domestique aussi ou publique, et qui consiste, pour l'une et pour l'autre, dans la direction des personnes et le soin des propriétés [b).

Ainsi la société politique (domestique ou publique), a ses lois constitutives qui fixent l'état ou la manière d'être des personnes, et ses lois réglementaires ou d'administration qui règlent leur action; les unes qui fixent le pouvoir, les autres qui règlent les devoirs.

Les lois constitutives de la société politique ne sont toutes que le développement de cette loi fondamentale de toute constitution de pouvoir et de ministère : Honore ton père et ta mère, parce que père et mère désignent tout pouvoir et toute autorité qui en découle, et que la fin de toute constitution est de faire honorer le pouvoir dans lui-même et dans ses ministres (c).

Les lois réglementaires ou d'administration, c'est-à-dire les lois civiles et criminelles, qui fixent les devoirs ou la faculté des hommes, des familles, et même des nations entre elles, ne

doivent être que le développement plus ou moins généralisé de ces lois fondamentales de tout gouvernement de société ; a Tu » ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne commettras » point d'adultère; tu ne porteras point de faux témoignage )» contre ton prochain, etc., » parce que la fin de tout gouvernement et de tout ordre parmi les hommes, les familles et les peuples, est de garantir à l'homme social sa vie et ses propriétés morales et physiques.

La société la mieux constituée est celle où le pouvoir est le plus honoré en lui-même, et dans ceux qui le représentent, et la société la mieux administrée est celle oiî la vie et les propriétés de l'homme sont les mieux défendues contre l'oppression. La société dont la constitution est la plus naturelle, et qui a l'administration la plus sage, est la plus civilisée [d] ; et alors elle vit longtemps sur la terre, parce que la durée d'une société, qui est suijuris, est proportionnée à la force de sa constitution et à la sagesse de son administration.

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