CHAPITRE XI. 55o
eul État monarchique de l'Europe qui n'ait pas pu parvenir à a constitution naturelle, la famille même catholique y est loins fortement constituée que dans les autres États de la même religion, et le christianisme lui-même y est en souffrance :)ar un mélange de Grecs, de Juifs, de socinicns, d'anabaptistes, 3U même de sectes occultes qu'on soupçonne avoir pris naissance dans ce malheureux pays, et y avoir encore leur foyer. Vation infortunée, qui, retombée depuis quelques siècles dans état d'enfance, a péri en voulant revenir à la virilité!
2'' Les mœurs, dit-on, sont meilleures dans les pays protesants que dans les États catholiques. Cette assertion, mille fois épétée par les nombreux ennemis du christianisme, demande |uolque développement; et c'est ici qu'il faut distinguer la failesse de l'homme de la faiblesse des lois
La licence dans les mœurs de l'homme, naquit, il est vrai^ n Italie, des progrès des arts, suite nécessaire des progrès du ommerce, favorisé par des princes qu'il avait enrichis et éleés; mais la licence dans les règles mêmes des mœurs, ou dans 3S lois, commença au nord, avec les opinions de Luther, apuyées par des princes avides de nouveautés et de richesses, .es désordres en Italie étaient personnels et cherchaient l'omire du mystère; en Allemagne, ils furent publiés et autorisés; t tandis que l'italien ourdissait une intrigue pour séduire la mime de son voisin, l'Allemand la lui enlevait en vertu d'une entence du juge, et l'épousait par-devant notaire; et c'est ce ue les Allemands appelèrent la bien-heureuse réforme, conmie ous disions en 90 notre superbe constitution. Bientôt, s'il faut n croire les plus zélés disciples de Luther, la dissolution des îœurs, suite infaillible de pareilles lois, fut au comble en Allelagne, et comparable à la licence du mahométisme; et nous vous déjà vu que Luther lui-même permit la polygamie au uidgrave de Hesse, mais en grand secret, et même sous le :eau de la confession, sub sigillo confessionis '.
' La consultation exlrènioment curieuse du landgrave de Hesse, et la déci-
Le chrislianisme fut donc attaqué aux deux extrémités de la chrétienté à la fois, dans les mœurs de l'homme et les lois de la société, lorsque la chrétienté elle-même était attaquée dans son territoire par les armes alors si redoutables de l'Empire ottoman. Ces deux causes de désordre, la licence dans les arts et la faiblesse dans les lois, ont, depuis ce temps, marché parallèlement dans la société, jusqu'au moment où la philosophie moderne, qui se compose à la fois des opinions les plus faibles sur les lois, et du goût le plus décidé pour les arts-, a combiné en France, comme dans un foyer placé au centre de l'Europe,] ces deux principes de désordre domestique et public : épouvantable combinaison, dont l'explosion violente a réagi à la fois contre le nord et contre le midi; semblable à ces détonations terribles, subitement produites par le mélange de deux liqueurs.
Les arts du midi avaient pénétré au nord, quoique avec lenteur, à la suite des richesses que le commerce produit; mais des causes politiques et religieuses avaient empêché dans le midi la propagation publique des principes de la réforme. Il y avait donc dans lEurope protestante un principe de licence de plus que dans l'Europe catholique; et comment la raison pourrait-elle admettre que des causes en plus grand nombre produisissent moins d'effets, surtout si l'on considère que la religion catholique, avec son culte sensible q{ ses pratiques gênantes, impose à nos passions un frein plus présent et plus sévère, en même temps qu'elle nous offre dans les règles austères de quelques institutions, toujours plus fortes que les hommes, des modèles de détachement de tous les plaisirs?
Je ne crains donc pas d'affirmer qu'il y avait depuis longtempî plus de désordres du genre de ceux dont il est question ic chez les peuples protestants que dans les États catholiques : j< dis les peuples; car, là où, comme en France, il n'y a que de:
sion non moins curieuse de Luther et de sept autres fameux docteurs de soi parti, lut pubiiceen 1G79, en forme authentique, par le prince palatin, ave J'iDStromenl du second mariage. On les trouve dans ï Histoire des Variations
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