‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 177 sur 202 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

régulière de la justice; nouvelle preuve du rare discernement (le nos philosophes, qui, en tout, ramènent la nation de l'Europe la plus avancée aux hahitudes imparfaites de son premier âge.

:l faut donc revenir à une législation plus forte, et inler-

i*' aux passions tout espoir de se satisfaire légalement.

(I faut se pénétrer de celte vérité, que les lois faibles ne conviennent qu'aux peuples naissants, et qu'elles doivent être plus ^e\ères, à mesure que la société est plus avancée et l'homme plus relâché. Ainsi l'homme fait a des devoirs à remplir bien plus étendus et bien autrement obligatoires que ceux auxquels lenfant est soumis.

Il est temps que le pouvoir public reconnaisse qu'il a empiété sur le pouvoir domestique, et qu'il ne peut rétablir les bonnes mœurs qu'en lui rendant ses justes droits, puisque les bonnes mœurs ne sont que l'observation des lois domestiques. Les choix seront plus prudents lorsque les suites seront plus sérieuses : le pouvoir sera plus doux, lorsqu'il ne sera plus disputé, et que la femme n'aura ni la propriété de sa personne, ni la disposition de ses biens. La paix et la vertu s'asseyeront aux foyers domestiques lorsque la loi de l'État maintiendra, entre le père, la mère et les enfants, les rapports naturels qui constituent la famille, et qu'il n'y aura, dans la société domestique, comme dans la société publique, ni confusion de personnes, ni déplacement de pouvoir.

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