‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 179 sur 202 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ion professe une religion qui en tolère la faculté;.... mais

3ermettriez-vous le vol aux sectateurs d'une religion (et il y

pn a eu) qui établirait en principe la communauté des biens?

» "Vous respectez la faculté du divorce comme une tolé-

ance de la religion protestante, et vous ne respectez pas la

éparalion, qui est une tolérance de la religion catholique!

ous permettez aux uns la rupture du lien conjugal, trop sou-

enl sollicitée par de folles passions ou de vils intérêts, et vous

n interdisez aux autres tout relâchement, souvent nécessaire

lour prévenir de plus grands éclats, et quelquefois les dcr-

iers malheurs! et vous placez les citoyens les plus attachés

ux maximes sévères de lour croyance, dans une situation au-

essus des forces de l'homme, parce qu'elle est contraire à sa

aison, entre deux devoirs contradictoires et également impé-

ieux *!

» Mais, au fond, il n'y a pas, même sur cette question, entre

s deux partis que votre loi imprudente fait revivre, autant

opposition que vous en supposez.

» Le principe de l'indissolubilité naturelle du lien conjugal t universellement reçu de toutes les communions chréennes; et non-seulement les réformés le reconnaissent dans spéculation, mais ils le suivent dans la pratique, puisque ïrtout où la faiblesse de leur doctrine est contenue par la résence d'une doctrine plus sévère, ils ne font que rarement sage du divorce, même autrefois en France, quoique leurs ariages, loin d'y être garantis par la loi, n'y fussent pas ême connus du législateur. Mais les protestants diffèrent des ilholiques sur la question du mariage, en ce que les protesnlscn croient l'indissolubilité naturelle, et ne la croient pas iligieuse, et que les catholiques croient l'indissolubilité relieuse, à cause qu'elle est parfaite ou naturelle, et qu'elle a été nsi au commencement. Ils croient qu'il n'y a rien de plus relieux que ce qui est naturel ou bon; que l'homme ne peut

' Le Code civil a admis la si'paralion.

dissoudre ce que la nature, et par conséquent son auteur, a uni; car c'est-là le sens de ce passage : Quod Deus conjunxit, homo non sepciret; et que le législateur universel, dont toutes les communions chrétiennes reconnaissent la divine sagesse, venu, dit-il lui-même, pour accomplir la loi, c'est-à-dire, pour la perfectionner en la conformant en tout à la nature des êtres, na pu rien permettre de contraire à la nature. Les rédacteurs du projet de Code civil établissent eux-mêmes le principe de lindissolubilité naturelle du lien conjugal, lorsqu'ils disent : « Que le mariage, considéré en lui-même et dans ses rap)ports y) naturels, offre l'idée fondamentale d'un contrat perpétuel » par sa destination, et que le vœu de la perpétuité dans le )) mariage, paraît le vœu même de la nature; » et cependant ils concluent contre le principe des catholiques, contre le principe des protestants, contre leur propre principe, contre la nature, contre la raison, qui dit que ce qui est indissoluble par la nature, ne peut être dissous par l'homme; ils violent la conscience du plus grand nombre, pour faire jouir la conscience du plus petit d'une simple tolérance; ils induisent ceux-ci a devenir coupables, de peur d'obliger ceux-là à être conséquents; et ils affaiblissent les forts, quand il faudrait aider et encourager les faibles.

» Vous ne voulez pas gêner les croyances religieuses Si

vous enjoigniez aux protestants de croire la présence réelle, ou aux catholiques de croire Y inamissibilité de la justice, vous gêneriez des croyances religieuses; mais aussi vous ne seriez pas obéis, parce que les croyances, religieuses ou politiques, sont hors de votre compétence. 3Jais le divorce est, non pas une croyance, mais une action sociale, c'est-à-dire domestique dans son principe, publique dans ses effets, comme le mariage et comme l'homme lui-même; une action que la religion prescrit ou défend, comme toutes les actions sociales; car, remarquez que la séparation, qu'elle ne fait que permettre, n'est pas une action sociale, puisqu'il n'en résulte aucun nouvel état de société : or, vous prétendez avoir le droit de permettre,

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