CHAPITRE XII
d'interdire, de régler les actions sociales, même religieuses, qui, exercées hors de l'enceinte des temples, rentrent dans la classe des actions civiles. Ainsi vous avez changé la loi fondamentale du culte religieux, qui consacre le septième jour au repos physique, en ordonnant ce jour-là les travaux publics, ou permettant les travaux domestiques, et fixant au dixième jour le repos hebdomadaire '; ainsi vous interdisez les cérémonies du culte et les vêtements religieux hors des temples, actions bonnes en elles-mêmes, ou tout au moins indilTérentes; et vous seniblez croire qu'un divorce est moins extérieur qu'une procession, ou moins attentatoire à l'ordre public qu'un habit long. Vous respectez dans le divorce une croyance religieuse;.,., mais vous ne permettriez pas à des Chinois établis en France, et maîtres, par vos lois, d'y exercer leur culte, de sacrifier leurs enfants à V esprit du fleuve, en les noyant même dans leurs temples; aux veuves indiennes, de se faire brûler sur le corps de leurs époux : aux Turcs même, d'avoir des harems au milieu de Paris, quoique leurs croyances religieuses leur permettent ou leur prescrivent toutes ces actions. Direzvous que l'infanticide est plus opposé à la nature que le divorce mutuel, ou la répudiation du mari par la femme? L'inftmticide détruit l'homme; le divorce dissout la société. L'enfant n'est pas naturellement immortel; le mariage est naturellement indissoluble. L'exposition des enfants ne produit pas le divorce; le divorce produit l'abandon des enfants, et souvent compromet leur vie. Les mœurs, à Rome, auraient résisté à la loi atroce de l'infanticide, pratiquée dès les premiers temps, et elles ne purent résister à l'usage fréquent du divorce, qui s'introduisit sur la fin de la république, parce que l'infanticide
' La loi du dimanche ne prescrit la suspension de i'aclion physique et domestique, qu'afin que l'homme puisse vaquera l'action religieuse ou au culte. Le décadi, au contraire, est un jour de repos absolu, etjrien dans la[nature, hors Dieu seul, ne repose. Voyez dans un petit ouvrage, composé par un homme très-instruit, et imprimé chez Didot, les raisons naturelles de l'ancienne division du temps.