‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 49 sur 202 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

remplis de fines plaisanteries, oa d'observations critiques, sur le clergé séculier et régulier, et sur les pratiques de l'Église Romaine. On voit même quelquefois, chez les ministres Réformés, des caricatures de bon goût, où les religieux des deux sexes sont représentés dans des attitudes grotesques, et ces peintures réjouissantes et politiques sont, tout à la fois, un passe-temps pour l'homme et un moyen de la profession.

Dans les lieux où la protection accordée au culte catholique impose aux ministres Réformés un silence rigoureux sur la religion catholique, ses pratiques, et ses ministres, les sermons des pasteurs ne sont que des discours académiques où tout l'art de l'orateur ne peut sauver la stérilité d'une religion qui ne porte que des sons aux oreilles, et pas un sentiment au cœur.

Les sectes Réformées ne paraissent tranquilles aujourd'hui, que parce que les opinions auxquelles elles doivent leur naissance ne sont plus que le radotage de quelques anciens pasteurs ou de quelques vieilles femmes, et qu'elles ont dégénéré en d'autres opinions qui dans ce moment agitent l'Europe, et qui suivent naturellement des opinions qui ont fondé la Réforme.

donnait pour sujet des prix littéraires, l'éloge du chancelier de l'Hôpital accusé d'un secret penchant pour la Réforme; de Fénelon, pour l'opposer à Bossuet; de Catinat, parce qu'on avait trouvé le moyen, je ne sais comment, d'en faire un incrédule. D'Aguesseau, Bossuet et Turenne ne pouvaient prétendre aux honneurs du panégyrique. D'Aguesseau était un homme sans caractère; (il a écrit sur l'Écriture sainte, et il n'a jamais été au spectacle) Bossuet, un fanatique; on reprochait à Turenne ses exécutions sévères dans le Palatinat, et on excusait dans Catinat des expéditions aussi rigoureuses contre les Vaudois et les Barhets. Mais Turenne, qui avait refusé de changer de religion pour être eonnétable, s'était converti ensuite sans intérêt et par conviction. Inde irœ... Aussi l'on peut remarquer que Turenne, le plus grand homme de la monarchie, est celui sur lequel on a le moins écrit. Le tombeau même, après plus d'un siècle, n'a pu le mettre à l'abri de la fureur philosophique, et son corps trouvé entier a été l'objet de la haine et de l'outrage. [L'auteur ignorait que l'Académie eût proposé l'éloge de d'Aguesseau. Edit.]

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