LIVRE Vi
OU elle est générale. La société physique est aussi naturelle ou particulière et générale.
La société religieuse particulière est la religion naturelle : la société religieuse générale est la reli^^non publique.
La société physique particulière ou naturelle est la famille; la société physique générale est le gouvernement, ou, dans le langage usité, la société politique.
La réunion de la relgion publique et de la société politique forme un être collectif ou général, appelé société civile, comme la réunion de l'âme et du corps forme un être composé appelé homme.
Tout être particulier a une fin particulière à laquelle il veut parvenir, et qui est l'objet de sa volonté particulière.
Donc la société, être collectif ou général, a une fin générale à laquelle elle veut parvenir, et qui est l'objet de sa volonté générale.
La fin de la société naturelle religieuse et physique est la production ou la connaissance des esprits, et la reproduction des corps.
La fin de la société générale religieuse et physique, appelée société civile, est la conservation des esprits et la conservation des corps.
Donc la société particulière ou naturelle doit être l'élément de la société générale, parce que la production est l'élément de la conservation.
Donc la famille sera l'élément de la société politique, et la religion naturelle l'élément de la religion publique.
La conservation d'un être est son existence dans un état conforme à sa nature.
L'état conforme à la nature des esprits et à celle des corps est la perfection, c'est-à-dire, l'obéissance aux lois parfaites ou rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres sociaux, des esprits et des corps.
Mais nous avons vu que la liberté consiste à obéir aux lois parfaites ou rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres :
donc la perfection des esprits et des corps est leur liberté; donc leur conservation ou leur existence, dans l'état le plus conforme à leur nature, n'est autre chose que leur liberté.
La liberté peut exister pour rhomme intelligent, comme pour l'homme physique ; la liberté est donc spirituelle ou physique.
Donc la fin de la société physique est la conservation ou la liberté de l'homme physique; parce que l'homme, égal à l'homme, ne doit être assujéli, dans ses actes extérieurs et physiques, qu'au pouvoir général de la société physique, qui est le monarque.
Donc la fin de la société religieuse est la conservation ou la liberté de l'homme intelligent; car l'homme intelligent, semblable à Dieu, ne peut être assujéti, dans ses facultés intellectuelles ou ses pensées, qu'au pouvoir général de la société religieuse, qui est Dieu même. Vous êtes appelés à la véritable liberté, écrit l'Apôtre aux chrétiens.
Donc la fin de la société civile est la conservation de tout l'homme, ou la liberté de l'homme intelligent et physique.
La fin de la société est l'objet de sa volonté, parce que la société veut, comme tout être, parvenir à sa fin.
La volonté qu'a la société de parvenir à sa fin s'accomplit par \e pouvoir d'y parvenir; car la société, qui n'aurait pas le pouvoir de parvenir à sa fin, n'y parviendrait pas.
Le pouvoir est l'amour dirigeant la force vers l'objet de la volonté.
Donc l'amour dirigeant la force, ou autrement le pouvoir, est le moyen de la volonté.
Dans la société naturelle ou particulière, la fin est particulière; la volonté, nécessairement proportionnée à la fin, est particulière; les moyens, nécessairement proportionnés à la volonté, sont particuliers.
Ainsi la volonté particulière qu'a l'homme de la société religieuse naturelle ou de la religion naturelle, de produire dans sa pensée la connaissance de Dieu, s'accomplit par un pouvoir ou par un amour de Dieu, qui dirige la force particulière,