‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 79 sur 202 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

c'est-à-dire, l'action des corps dans le culte extérieur que l'homme seul rend à Dieu '.

Ainsi la volonté particulière qu'a l'homme de la société physique naturelle, ou de la famille, de produire son semblable s'accomplit par un pouvoir ou par un amour de soi, qui dirige la force ou l'action dos sens vers l'objet de la volonté.

Ainsi la volonté générale ou sociale qu'a l'homme de la société physique politique ou générale, ap^clcQ gouvernement ou société politique, de conserver ses semblables, s'accomplit par un pouvoir général qui est l'amour général des autres ou du prochain personnifié dans le monarque, qui dirige la force générale vers l'objet de la volonté.

Ainsi la volonté générale qu'a l'homme de la société religieuse politique, appelée religion publique, de conserver la connaissance de Dieu, s'accomplit par un pouvoir général, c'est-à-dire, par l'amour général des hommes pour Dieu et de Dieu pour les hommes, personnifiés par l'Homme-Dieu présent dans le sacrifice, et qui dirige la force générale ou extérieure, c'est-à-dire, l'action de ses ministres dans le culte extérieur.

Donc les pouvoirs conservateurs do la société civile sont Jésus-Christ et les rois, qui dirigent la force générale de la so-

' Les expressions que la religion consacre dans le culte qu'elle rend a Dieu, ou dans les devoirs qu'elle prescrit à l'homme, offrent des preuves sensibles que Dieu et l'homme sont volonté, amour efforce. La religion offre le sacrifice social par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, dans Jésus-Christ; per ipeiim, et in ipso et cum ipso, per désigne le commandement, c'est la volonté; in exprime l'union, c'est l'amour; cum indique le secours, c'est la force.

Les trois devoirs généraux que la religion prescrit à l'homme comme le principe de toutes ses actions envers Dieu, envers soi-même, envers son prochain, c'est-à-dire, en société religieuse, naturelle et politique, sont la foi, l'espérance et la charité. La fui rénale l'esprit ou la volonté dans le culte que l'homme rend à Dieu; l'espérance règle l'amour que l'homme a pour luimême, en fixant au désir qu'il a d'être heureux le but auquel il doit tendre; la charité règle la force de l'homme ou ses actes extérieurs, en lui prescrivant de rendre à son prochain tous les services qui dépendent de lui : car l'essence de la charité est d'agir.

148 THÉORIE DU POrS'OIR.

ciélé civile, c'est-à-dire, le sacerdoce et la noblesse, vers l'objet de la volonté générale de la société, la conservation des êtres intelligents et physiques dont elle est composée.

Donc il n'y a pas Aa pouvoir conservateur dans les sociétés politiques où il n'y a pas de monarque, ni de force conservatrice dans les sociétés politiques où il n'y a pas de noblesse.

Donc il n'y a pas de pouvoir conservateur dans les sociétés religieuses où il n'y a pas de présence réelle de l'Homme-Dieu, ni de force générale conservatrice dans les sociétés religieuses où il n'y a pas de sacerdoce.

Or, des sociétés politiques et religieuses, qui n'ont ni pouvoir conservateur, ni force conservatrice, ne peuvent se conserver ni parvenir à leur fin.

Donc les sociétés qui ont le pouvoir conservateur et la force conservatrice, ont le pouvoir et la force de parvenir à leur fin, qui est la conservation des êtres qui les composent.

Mais la perfection d'un être consiste à parvenir à sa fin.

Donc les sociétés qui parviennent à leur fin, sont des sociétés parfaites ou constituées.

Donc les sociétés qui ne parviennent pas à leur fin, sont des sociétés imparfaites ou non constituées.

Mais les sociétés politiques sans monarque et sans noblesse, et les sociétés religieuses sans l'Homme-Dieu et sans sacerdoce, c'est-à-dire, les sociétés sslïïs pouvoir conservateur et sans force conservatrice, ne peuvent parvenir à leur fin, la conservation des êtres.

Donc les sociétés politiques sans monarque et sans noblesse, et les sociétés religieuses sans la présence réelle de l'Homme- Dieu et sans sacerdoce, sont des sociétés imparfaites ou non constituées.

Donc les sociétés politiques qui ont un monarque et une noblesse, et la société religieuse qui admet la présence réelle de l'Homme-Dieu et le sacerdoce, sont des sociétés parfaites ou constituées.

Donc la société civile constituée est celle qui admet la pré-

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