LIVRE VI
sence réelle de l'Homme-Dieu et le sacerdoce, un monarque et une noblesse.
On a vu que la volonté générale s'accomplit par le pouvoir général, et \e pouvoir- général agit par la force générale.
La force, pour être utile ou conservatrice, doit être dirigée par le pouvoir conservateur; car une force qui n'est pas dirigée, est une force aveugle, une fureur.
La direction suppose des règles, ces régies sont des lois. Les lois doivent être des rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres.
Les lois sont écrites ou non écrites.
Ainsi la société politique a des lois écrites et des coutumes, et la société religieuse a des lois écrites et la tradition.
Les lois écrites, qui sont des rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres, sont bonnes, c'est-à-dire, conservatrices de la société, puisque, étant des riipports nécessaires, elles ne pourraient être autres quelles ne sont^ sans choquer la nature des êtres qui composent la société. Si elles sont conservatrices de la société, elles sont donc conformes à la volonté générale conservatrice de la société. Donc elles sont l'expression de la volonté générale.
Les lois non écrites, qui sont des rapports nécessaires dérivés de la nature des êtres, sont également bonnes ou conservatrices de la société. Donc elles sont conformes à la volonté générale conservatrice, puisqu'elles ne sont devenues descowtumcs, des traditions, que parce que la société a eu la volonté générale de les suivre. Donc elles sont aussi l'expression de la volonté générale.
Donc la société naturelle physique ou la famille, formée par l'union d'un seul homme avec une seule femme, qu'on appelle monogamie, est une société constituée ou qui parvient à sa fin, la production de l'homme.
Donc la société naturelle religieuse ou la religion naturelle de l'unité de Dieu, appelée monothéisme, est une société consti-
tuée ou qui parvient à sa fin, \di production ou connaissance de Dieu dans la pensée de l'homme.
Donc la sociélc politique physique ou le gouvernement d'un seul, appelé monarchie politique, est la société politique constituée, ou celle qui parvient à sa fin, la conservation, c'est-à-dire, la liberté de l'homme physique.
Donc la société politique religieuse ou la religion publique, appelée christianisme ou monarchie religieuse de THomme- Dieu, est une société constituée et qui parvient à sa fin, la conservation, c'est-h-dire, la connaissance de Dieu, et la liberté de l'homme intelligent; parce que toutes ces sociétés physiques et religieuses sont fondées, comme je l'ai prouvé, sur des lois ou Ta\)])or[s nécessaires dérivés de la nature des êtres sociaux.
La société politique, chez le même peuple, peut être constituée, sans que la société religieuse soit constituée; ou la société religieuse peut être constituée, sans que la société politique le soit.
Mais il n'y a de société civile parfaite ou constituée, que (à où la société politique et la société religieuse sont constituées.
Donc la société civile, dans laquelle il n'y a de constituée qu'une des deux sociétés qui la composent, est imparfaite ou non constituée.
Donc la société civile, dans laquelle aucune des deux sociétés qui la composent n'est constituée, est la plus imparfaite ou la moins constituée qu'il est possible. Mais la société religieuse et politique ou la société civile est dans la nature de l'homme, et la constitution est dans la nature de la société qui tend toujours à se constituer, ou à établir entre les êtres des lois parfaites ou des rapports nécessaires dérivés de leur nature.
Donc, lorsque la société religieuse sera seule constituée, la société politique tendra à se constituer; et réciproquement, la société religieuse tendra à se constituer, lorsque la société politique sera seule constituée.
Donc la société politique et la société religieuse, ou autrement la société civile, tendra à se constituer chez le peuple qui