‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 118 sur 300 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

par le circuit long et pénible de l'adversité. Il en a médité la leçon sévère dans la retraite profonde à laquelle les événements l'ont condamné; et cette leçon n'a pas été perdue pour un prince qui réunit à un esprit étendu et cultivé, à un jugement sain et solide, l'intention bien connue de faire le bonheur de ses peuples. Au langage noble, sage et touchant qu'il leur adresse, je reconnais le monarque de la France. Il en tarira les maux, puisqu'il en connaît les sources; il en sera \e pouvoir conservateur, puisqu'il en connaît la constitution, cette constitution parfaite, dont il a sondé les bases, dont il a pénétré le secret, lorsqu'il déclare quelle le met lui-même dans V heureuse impuissance de la changer '. Il ramènera son peuple à la raison par la religion, et au bonheur par la vertu : il versera sur des plaies longtemps douloureuses le baume de l'indulgence et de l'oubli. Qu'à sa voix l'homme égaré revienne, que le faible se rassure, que le coupable même qui ne le fut que par erreur, trouve dans sa bonté un refuge contre sa justice. Qu'il embrasse avec courage la tâche pénible de la royauté ; ses sujets fidèles, dispersés dans toutes les parties de l'empire, seconderont ses efforts par leur influence; ils éclaireront sa sagesse par leurs conseils, ils feront respecter son autorité par leur exemple, ils la feront chérir par leurs vertus; ils pardonneront aussi! Qui oserait se venger, quand le roi pardonne? En vain la politique cherchant des excuses dans le passé au lieu de porter ses regards sur l'avenir, se ménagera des ressources dans un silence équivoque ou des démarches ambiguës; en vain le fanatisme, creusant de plus en plus l'abîme où il a entraîné la France, repoussera la seule main qui puisse l'en retirer; en vain l'ambition osera former de criminelles espérances; en vain la calomnie, qui s'attache à ses premiers pas, le défigurera pour que ses peuples ne puissent le recon-

' Ceci est tiré de la Déclaration adressée aux Français par Louis XVIII, au mois de juillet 1793. Voyez les Consid. sur la France, par le comte de Maistre, ch. viii. [Note de l'Éditeur.)

naître; il régnera, ou la société entière descendra avec la France dans le tombeau; la France aura son roi, ou bientôt l'Europe n'aura plus que des tyrans.

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