AUTRES MONARCHIES DE L'EUROPE
Si je n'avais fait l'histoire de toutes les monarchies constituées, en faisant celle de la monarchie Française, et si je ne me hâtais d'arriver à des considérations plus générales, je ferais remarquer à mes lecteurs, comme de nouvelles preuves de mes principes sur les monarchies ou sociétés constituées, l'imperturbable tranquillité intérieure de l'Espagne; et j'en trouverais la cause dans l'observation inaltérable de ses lois fondamentales, comme le principe du caractère fortement prononcé de l'Espagnol dans l'invariabilité de ses habitudes. Cette monarchie, après sept siècles d'asservissement, secoue le joug des Maures par la force de sa constitution, et elle ne peut se maintenir dans le Portugal qui lui oppose la sienne. Heureusement peut-être pour l'Europe, elle fonde des colonies dans le Nouveau-Monde, et elle s'affaiblit en s'étendant. Telle qu'elle est, quelles ressources n'offre-t-elle pas à une administration active et sage, dans sa situation, son climat, sa juste étendue, ses limites naturelles, et le caractère original de ce peuple qui a fait de si grandes choses, produit tant d'hommes extraordinaires, seul peuple de l'Europe qui ait le bon sens de n'admirer que son pays, et de ne copier que lui-même ' î
' L'Espagne avait, dit-on, cinquante millions d'hommes sous César : ce qui est plus certain, est qu'elle en avait 20 millions sous Ferdinand et Isabelle. Elle en a bien moins aujourd'hui; sa population se consomme dans le Nouveau-Monde. Ceuï qui ont prétendu que la population d'un État était le signe